"Tu couches avec moi et je fais monter ta fille" : Beyer accusé de chantage sexuel

L'Équipe a pu consulter des centaines de SMS "obscènes" que l'ancien entraîneur a envoyé à la mère d'une jeune patineuse.

La mère d’une jeune patineuse accuse Gilles Beyer, l’ex-entraîneur et ancien patineur artistique français mis en cause pour viols et agressions sexuelles depuis une semaine, de harcèlement sexuel et de chantage entre 2017 et 2018, selon un témoignage rapporté par L’Équipe mercredi.

Jusqu’à présent, Gilles Beyer était mis en accusation par deux patineuses, dont l’ancienne championne Sarah Abitbol, pour des faits de viols et d’agressions sexuelles ayant eu lieu entre la fin des années 1970 et le début des années 1990. Il a été démis de ses fonctions puis exclu du club omnisport des Français volants depuis que l’affaire a éclaté.

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Le parquet de Paris a lui annoncé mardi l’ouverture d’une enquête pour viols et agressions sexuelles sur mineurs par personne ayant autorité sur la victime.

Selon le site du quotidien, tout a commencé quand Nadjma Mahamoud, championne de France juniors en 2014, a voulu rejoindre à l’automne 2017 le club parisien des Français volants, où officie alors Beyer. Dès la prise de contact, le dirigeant "a commencé à m’envoyer régulièrement des messages obscènes", raconte la mère de la patineuse. "Presque tous les jours."

Un premier rendez-vous a lieu deux semaines plus tard en présence également de l’adolescente et d’un autre entraîneur, à l’issue duquel il lui "a touché les fesses", poursuit Sabina Mahamoud.

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"Il savait que j’avais peu de moyens, il a voulu profiter de la situation"

Rapidement, l’ancien entraîneur va jusqu’à lui demander des faveurs sexuelles en échange de cours gratuits. "Tu couches avec moi et tu ne paies rien et je fais monter ta fille à haut niveau…", lui aurait-il proposé. "Il savait que j’avais peu de moyens, il a voulu profiter de la situation. Je me sentais humiliée", s’épanche la mère de famille.

Nadjma Mahamoud, 20 ans aujourd’hui, décidera de quitter le club et de s’éloigner du patinage quelques jours après être tombée sur ces messages – qui la visent également parfois. "Il envoyait des messages à ma mère où il fallait en gros se prostituer pour faire du haut niveau. Alors je suis partie. Je vivais pour le patinage depuis mes 3 ans et demi", confie la jeune femme.

Au total, plus de 120 SMS ont été échangés entre Beyer et Sabina Mahamoud en cinq mois à peine, entre le 27 octobre 2017 et le 24 mars 2018, écrit L’Équipe, qui a pu les consulter. "Le numéro de téléphone correspond au numéro de Gilles Beyer en notre possession. Ces messages corroborent les déclarations de la mère de Nadjma", précise le journal sportif.

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Konbini news avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 06/02/2020