AccueilStory

Sur le Dakar 2022, beaucoup de questions après l’explosion d’une voiture où se trouvait un pilote français

Publié le

par Konbini Sports

Philippe Boutron of France steers his Nissan during the 9th stage of the 2009 Dakar Rally, between La Serena and Copiapo, Chile on January 12, 2009. AFP PHOTO/ Martin BERNETTI

"C’est un attentat, c’est clair. Ce n’est pas un accident", dénonce désormais l’équipe qui a porté secours au pilote.

Philippe Boutron, 61 ans, le pilote français du Dakar 2022 gravement blessé jeudi à une jambe par l’explosion d’une voiture près de Jeddah (centre ouest), a été opéré en Arabie saoudite et devait être rapatrié en France ce dimanche, a annoncé samedi l’organisation du rallye-raid tandis que les autorités saoudiennes ont écarté la piste d’un acte "criminel".

Les organisateurs avaient auparavant expliqué qu’ils n’excluaient pas un "acte malveillant" et, selon un journaliste de l’AFP, la sécurité a été largement renforcée autour du bivouac du rallye-raid. Dans les Conseils aux voyageurs dispensés sur son site Internet, le ministère français des Affaires étrangères a aussi appelé à la "vigilance maximale" après cette "explosion", en soulignant que "l’hypothèse d’un acte criminel n’est pas écartée". "La menace terroriste persiste en Arabie saoudite. Il convient de faire preuve d’une vigilance maximale dans la vie quotidienne, notamment lors des déplacements", a relevé le Quai d’Orsay.

Mais dans un tweet, le ministre de l’Intérieur saoudien a écarté tout "soupçon d’ordre criminel" pour expliquer cet "accident". Selon lui, cinq Français étaient dans cette voiture d’assistance dont "un a été hospitalisé et est dans un état rassurant". Selon le ministère français des Affaires étrangères, les cinq passagers sont "indemnes".

"Le pilote de la voiture a été grièvement blessé à la jambe et a dû subir une opération. Son état est en cours d’amélioration […]. Son véhicule avait été brutalement arrêté par une soudaine explosion dont l’origine est toujours inconnue à ce stade. La police saoudienne s’est immédiatement rendue sur place et a commencé ses investigations, n’écartant aucune possibilité, y compris celle d’un acte malveillant", selon le communiqué de l’organisateur ASO publié avant le tweet des autorités saoudiennes.

Mais du côté des équipes françaises, l’inquiétude était plus vive en début de semaine. "La bombe lui a explosé dans les jambes. Il a failli y passer", expliquait Marie-France Estenave, l’attachée de presse de l’équipe Sodicars Racing, qui porte assistance aux pilotes, jointe ce week-end par France 3. Elle dénonçait également :

"C’est un attentat, c’est clair. Ce n’est pas un accident. La bombe était placée sous le longeron du 4x4. C’était un gros 4x4, ça a un peu amorti l’explosion, le châssis était très épais, il a freiné l’élan de la bombe. Philippe a été le seul blessé."

Toujours selon Marie-France Estenave, la direction de la course aurait demandé aux protagonistes de ne pas parler de la piste de l’attentat :

"La direction de la course nous a demandé de nous taire car elle n’était pas du tout sûre qu’il s’agissait d’un attentat. Elle voulait temporiser avant le départ pour que tout se passe dans l’ordre et sans panique. Si les concurrents l’avaient appris, certains auraient peut-être plié bagage. Nous avons aussi dû cacher la vérité à la famille pendant trois jours. Ça, j’avais beaucoup de mal à l’accepter."

Le pilote Thierry Richard, qui se trouvait à bord du véhicule touché par l’explosion, s’est dit mardi convaincu qu’il s’agissait d’un "attentat". "On a vu l’impact sous le véhicule. On n’est pas bêtes, on sait ce que c’est aussi une déflagration. On a pris un souffle dans la voiture", a dit à l’AFP le pilote de l’équipe Sodicars à laquelle appartient également la victime, ajoutant : "C’est un attentat, on nous a fait exploser."

Konbini sports avec AFP

Papier mis à jour le 4 janvier à 16 heures.

À voir aussi sur sports :