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Souviens-toi le titre dernier : les supporters de l'OM racontent le sacre de 2010

Publié le

par Abdallah Soidri

MILAN, ITALY – NOVEMBER 25: Lucho Gonzales of Olympique de Marseille celebrates his first goal with his team mates during the UEFA Champions League Group C match between AC Milan and Olympique de Marseille on November 25, 2009 in Milan, Italy. (Photo by Massimo Cebrelli/Getty Images)

L'OM fête ce 5 mai les 10 ans de son dernier titre de champion de France.

Le 5 mai 2010, l’OM renoue avec son glorieux passé en remportant le championnat de France, après une victoire 3-1 contre Rennes lors de la 36e journée. Cela faisait 17 ans que le club n’avait rien gagné depuis son triomphe en finale de Ligue des champions en 1993 (la coupe Intertoto ne compte pas). Une éternité pour l’Olympique de Marseille et ses supporters, qui apparaissait comme une anomalie pour cette institution du football français.

Dix ans plus tard, le souvenir de ce titre de champion de France — le dernier à ce jour — est encore tenace chez les supporters qui l’ont vécu. Quatre d’entre eux, Najet, Charlotte, Guillaume et Didier, nous racontent leurs souvenirs de cette saison 2009-2010 qui a vu l’OM redevenir le meilleur club de l’Hexagone.

Konbini Sports | Avant le début de saison, vous étiez dans quel état d’esprit ?

Guillaume | Je me souviens très bien de ce début de saison. J’étais optimiste, malgré la déception du départ de Gerets. On sort d’une bonne année, on loupe le titre de peu et finalement il s’en va. À ce moment-là, j’attends de la direction qu’elle fasse venir une pointure sur le banc. Quand Pape Diouf nomme Deschamps, je suis content et ça renforce mon optimisme. Mais on sait très bien qu’il ne faut pas crier victoire trop vite à Marseille. Quand quelque chose se passe bien, il y a toujours une galère derrière. Donc Deschamps débarque, le recrutement est séduisant : on va chercher Diawara, un élément central de la défense de Bordeaux, Mbia en pleine bourre, Morientes arrive, même si c’est surtout un nom… Tous les feux sont au vert. Sauf qu’entre-temps, il y a le départ de Pape Diouf. Et là, je me dis "ça y est, ça commence" ! Tu as un entraîneur, Didier Deschamps, qui vient pour un projet, incarné par le président, et le championnat n’a même pas commencé que ce dernier n’est plus là.

Najet | Déjà, il y a le fait d’avoir Didier Deschamps. Partout où il passe, il gagne. On connaît sa mentalité, et forcément quand il arrive tu ne peux que débuter la saison en étant optimiste. Les arrivées de joueurs ont fait aussi que j’avais hâte que le championnat débute. Mais de là à me dire qu’on allait être champion, non. Ça faisait 17 ans que le club n’avait rien gagné, donc tu penses rarement au titre. Et même quand la saison commence, tu as beau avoir de beaux résultats, tu ne veux pas te porter la poisse, donc tu évites d’y penser. C’est un peu comme les joueurs et leur langue de bois quand ils répondent : "On prend les matches les uns après les autres." J’avais cette idée dans un coin de ma tête, mais c’était plutôt un rêve. C’était tellement loin.

Didier | C’était une vraie transition parce que Gerets était parti, Deschamps arrivait et il y a eu la mort de Robert Louis-Dreyfus. C’était assez intense comme intersaison. Deschamps, c’est un homme providentiel à l’OM et on connaît son lien avec le club, on sait qu’il est réel. Son arrivée génère de la confiance et puis ça fait longtemps qu’on l’attendait. On n’avait pas trop de doutes sur ses compétences vu le joueur qu’il était, et son passage comme entraîneur à Monaco qui a été une grosse expérience pour lui. Il est venu à Marseille quand il était sûr d’avoir des moyens. Et il en a eu, beaucoup. On fait un gros mercato : l’arrivée de Lucho, qui m’a rendu super heureux, et des joueurs d’expérience débarquent aussi comme Heinze ou Diawara. Donc c’est plutôt positif.

Mais il y a une part de flou, parce que ça reste l’OM. C’est un club, même quand il y a des certitudes, c’est le bordel malgré tout. On partait toutefois sur des bases solides avec le travail de Gerets. On se disait que cette saison, ça pouvait sentir bon. Bordeaux nous avait eus, mais on était armés désormais. À l’époque, l’OM était stable dans le haut de tableau, on jouait la Ligue des champions tous les ans. La logique voulait qu’on joue le titre. C’était là, c’était maintenant.

Charlotte | Sur l’état d’esprit, je n’ai pas de grands souvenirs. Je me souviens qu’on était passés à côté du titre la saison d’avant, quand on était à la lutte avec Bordeaux. Durant l’été, il y a eu pas mal de gros changements, notamment le fait que Gerets n’a pas été reconduit. Il y a eu le départ de Pape Diouf aussi. Même l’effectif a été pas mal chamboulé. Des joueurs phares et emblématiques du club comme Cana sont partis. À côté de ça, on avait récupéré des gros joueurs expérimentés : Gabriel Heinze, Lucho, Morientes, Édouard Cissé, Souleymane Diawara, qui avait remporté le titre la saison d’avant avec Bordeaux. Il y a aussi l’arrivée de Didier Deschamps en tant que coach avec Guy Stephan comme adjoint. À ce moment-là, il n’a pas encore l’aura et tous les résultats qui parlent pour lui aujourd’hui, mais il était déjà très respecté à Marseille, par rapport à son parcours en tant que joueur.

"Le moment bascule arrive un peu tard dans la saison, lors de la victoire en Coupe de la Ligue"

Vous vous souvenez d’un moment dans la saison où vous vous êtes dit "cette année, le titre de champion de France est à nous" ?

Guillaume | Le moment bascule arrive un peu tard dans la saison, lors de la victoire en Coupe de la Ligue. Ça a vraiment décomplexé tout le groupe, le club et les supporters. On attendait un trophée depuis 17 ans. Certes, une qualification en Ligue des champions, c’est bien, et c’était l’objectif du club, mais terminer la saison sans trophée nous aurait laissés sur un sentiment d’inachevé. Je me souviens des scènes de joie sur le Vieux-Port, alors que ce n’est "que" la Coupe de la Ligue. Ça se voyait que tous les Marseillais, les supporters et même les médias attendaient plus de l’OM. C’est à partir de ce moment-là que j’ai su qu’on irait au bout. Et comme on dit, l’appétit vient en mangeant.

Didier | La trêve hivernale change beaucoup de choses. Il y a un avant et un après. On ne fait pas une phase aller exceptionnelle. Lucho se blesse vite, mais sur les matches retour il est présent, et la connexion avec Niang se fait. Il sait tirer les corners et on a des joueurs bons de la tête (Mbia, Diawara, Heinze). Et puis, Valbuena, qui n’était pas dans les plans de Deschamps au départ, est important sur la phase retour. On aborde cette deuxième partie de championnat avec 12 points de retard sur Bordeaux, mais Deschamps resserre les boulons. Ce n’est pas super sexy, mais on gagne les matches. On fait plein de 1-0, mais on n’est jamais en panique, c’est solide.

Charlotte | Je n’aime pas m’enflammer trop tôt sur les saisons. Mais je me souviens qu’au fur et à mesure, il y avait des petits signes. Je pense à Ben Arfa et Valbuena qui n’étaient pas trop utilisés dans la première partie de la saison. Deschamps les remet sur la 2e partie du championnat et ils font souvent la différence. Un joueur comme Brandao, qui n’est pas le meilleur de l’équipe, va marquer des buts décisifs. Niang, le capitaine, fait une superbe saison.

Deschamps a apporté une culture de la gagne. Il a bénéficié du travail de Gerets avant lui, symbolisé par les cadres déjà là comme Cheyrou ou Niang, mais je pense qu’il a ramené un esprit d’équipe, une espèce de grinta que représentait bien un joueur comme Heinze. Il y a une sorte d’alignement des planètes cette année. On gagne des gros matches et ça montre qu’on est présents dans les grands rendez-vous. C’est l’année où on gagne 3-0 au Parc ; on fait 5-5 à Lyon dans un match fou : on perd 5-4 en toute fin de match et on parvient à leur prendre un point ; on gagne contre eux à domicile. Il y a plein de signes tout au long de la saison qui me font dire que c’est pour nous.

Najet | Je ne trouve pas qu’il y ait eu un moment bascule en particulier. Ça s’est construit tout au long de la saison. Je trouvais que l’équipe n’était pas belle à voir jouer, et on a vu mieux. Mais en Ligue 1, si tu as une défense solide et l’efficacité devant, il n’y a pas grand-chose qui peut t’arriver. C’était la force de cette équipe. On ne se régalait pas à tous les matches, c’était une mentalité de gagnant. J’avais le sentiment qu’on était invincibles. Quand le match débutait, j’étais confiante.

"J’avais beau être en confiance, trouver l’équipe forte, j’étais loin de penser au titre"

Et à l’inverse, est-ce que ça vous est arrivé de douter durant la saison ?

Guillaume | En début de saison, quand on reçoit Bordeaux, le champion en titre, je m’attends à ce qu’on frappe un grand coup. Malheureusement, on ne gagne pas ce match. De mémoire, on fait 0-0, et ce n’est pas terrible. Les Girondins avaient dominé la saison précédente et ils sont sur une série d’invincibilité. Mais quand tu as l’ambition de jouer les premiers rôles, c’est le genre de rendez-vous à ne pas manquer. Tu dois marquer l’opinion. Après le match, je croyais qu’on allait encore se battre pour la 3e ou la 2e place.

Didier | Sur la phase aller, Bordeaux continue sur la lancée de sa saison de champion. En Ligue des champions, ils finissent devant le Bayern et la Juventus en poules. Ils sont inarrêtables. Et grâce à la FFF, la relation entre le club et Laurent Blanc se pourrit, et ça se casse la gueule. Mais il ne faut pas se mentir, si Bordeaux avait gardé le rythme et qu’il n’y a pas l’embrouille avec la fédé, ils sont injouables.

Charlotte | Je suis de nature hyper optimiste. Tant que c’est possible, ça peut le faire. Il y a des moments où l’équipe était en plein doute, et tu te rends compte que l’effectif était en fait assez large. Des joueurs sur qui tu ne comptais pas forcément vont te ramener 3 points par-ci, 1 point par là. Le match à domicile contre Lyon qu’on gagne, c’est Kaboré et Taiwo qui marquent. C’est improbable et ça te ramène 3 points contre un adversaire direct au titre. Même quand ça allait moins bien, les rencontres qu’on aurait perdues normalement, on arrive à grappiller un point.

Najet | Tu sais que tu vas être sur le podium, mais il y a toujours cette crainte que le titre nous échappe. On n’avait plus l’habitude de gagner des trophées. Depuis 1993, rien. J’avais beau être en confiance, trouver l’équipe forte, j’étais loin de penser au titre. Pour autant, je ne pensais pas qu’on allait s’écrouler. Le podium était assuré.

"Je m’en souviendrai toute ma vie"

Venons-en au match du titre, contre Rennes. Vous vous en souvenez encore aujourd’hui ? Vous pouvez nous le raconter ?

Najet | Je m’en souviens comme si c’était hier, pourtant je n’ai pas une très bonne mémoire. J’étais au stade, il pleuvait des cordes. J’étais en virage nord, du côté des Fanatics. Il y avait du stress. À 2-1 pour nous, on n’était pas sereins. Mais Lucho marque, et là, c’est la délivrance. Je pleurais. C’était trop beau. C’était une ambiance de folie. Je sors du stade, je ne sais même pas quelle heure il est. Je n’arrive même pas à dormir. On dit souvent qu’à Marseille, tu peux ressentir en ville quand l’OM perd, et c’est vrai. Alors imagine ce qu’un titre de champion a pu générer dans la tête des gens. C’était la folie. Je ne sais pas quand on pourra revivre ça.

Guillaume | Cette rencontre, je m’en souviens très bien et je m’en souviendrai toute ma vie. La journée a commencé, le réveil a sonné, je suis parti au lycée, je ne pensais qu’à ça. Le soir arrive, le match commence. Le Vélodrome est blindé, les supporters mettent l’ambiance. On sent qu’il y a tous les ingrédients pour que ce soit une bonne soirée. Et là, il y a le but d’Heinze qui soulage tout le monde. De son côté, Rennes joue bien, et ils viennent pour nous prendre en contre. D’ailleurs, le but qu’ils inscrivent, c’est sur un contre assassin : Briand marque d’une superbe tête plongeante. Ça jette un coup de froid dans le Vélodrome. Heureusement, les supporters n’ont pas lâché et ont continué de pousser. Et derrière, c’est juste magique. Le but de Niang nous libère. Et après, surtout, le but de Lucho vient terminer le boulot.

À l’époque, je n’ai pas dormi avant 2 heures du matin. Je suivais l’après-match sur L’Équipe TV. J’essayais de gratter partout des images de la ferveur à Marseille, au Vélodrome. Je me souviens d’une excitation folle. Je n’ai pas pleuré mais c’était une joie immense. Parce que j’ai connu des moments compliqués avec l’OM. Et là, c’était comme si ton club te remerciait de ta fidélité, de ta patience et de ton soutien. On ne pourra plus dire qu’on n’a rien gagné depuis 1993. On est en 2010 et on a gagné.

Charlotte | Je suis originaire du Sud et je suis partie à Paris en mars 2009 pour travailler. Ça faisait un an que j’étais dans la capitale. Ça a des avantages parce que j’étais partie voir la finale de la Coupe de la Ligue, donc j’avais vécu ce premier titre au stade. Et j’étais toujours à Paris pour le match du titre contre Rennes. Des amis niçois m’ont proposé d’aller le voir dans un bar où il n’y a que des supporters de l’OM. C’était à Pernety, juste à la sortie du métro. Je sors de la station et c’était le feu. Des Marseillais partout, avec écharpes et maillots de l’OM. J’avais l’impression d’être dans un quartier de Marseille. Ils avaient mis un écran géant, tout le monde buvait du pastis dans des verres en plastique. Ça partait en craquage de fumis, les gens chantaient. Le match commence, tout se passe bien jusqu’au moment où des mecs avec des écharpes et des capuches sur la tête sont venus. En fait, c’était des supporters de Paris qui sont arrivés, et c’est vite parti en sucette. La fin était moins drôle, mais on a quand même fêté le titre. J’ai trouvé ça cool d’avoir cette ambiance ici.

Didier | Je m’en souviens bien parce que je n’ai pas pu le suivre au mieux. On m’avait offert des places pour voir Oxmo Puccino à la Cigale. Je me retrouve à y aller, à reculons. Je suivais sur mon téléphone, mais à l’époque, ce n’était pas fluide comme aujourd’hui. J’essayais de suivre le match, avec en fond sonore Oxmo. Faut imaginer : ce n’est pas du rap punchy et moi j’étais en fusion dans ma tête. C’était assez marquant comme soirée. Vu que je n’ai pas bien pu suivre le match, je l’avais enregistré. J’ai regardé les célébrations, je regardais tout. J’ai discuté avec mes potes supporters de l’OM, mais comme je suis de Paris, j’en ai plus qui sont pour le PSG, donc je les chambrais aussi. J’étais heureux, mais comme un expat'. Je suis pour le club depuis tout petit, mais je vis à Paris, donc ce n’est pas le même plaisir que d’être à Marseille.

"C’est beaucoup, 10 ans"

Dix ans après, est-ce que le souvenir de ce titre est encore frais pour vous ou c’est déjà un lointain souvenir ?

Guillaume | Dans mon esprit de supporter de l’OM, ça reste assez proche. En 2010, j’étais assez vieux pour comprendre et analyser les choses. J’étais trop petit en 1993 pour me rendre compte de l’exploit en Ligue des champions. Ce titre de champion de France est encore frais, même si ça va vite dans le foot. D’une saison à l’autre, on oublie ce qui s’est passé. Se dire qu’on a gagné le titre en 2010, pour beaucoup, c’est déjà de la préhistoire. Pour moi c’est encore là, je me souviens de tout.

Najet | C’est frais pour moi dans le sens où je me souviens de tout. Après, les années passent, donc tu ne sais pas quand tu pourras revivre ce genre de choses. En étant lucide, avec le PSG actuel, on sait très bien qu’un titre de champion dans les prochaines années est inenvisageable, bien qu’il y ait eu des exceptions avec Montpellier et Monaco. Ça passe tellement vite, et c’est triste parce que ça nous rappelle qu’on ne gagne plus rien depuis.

Didier | Ça dépend de l’âge. Pour un gamin de 18 ans, ça lui paraît super lointain. Comme je vais avoir 40 ans, je vois que le football, c’est une histoire de cycle. C’est beaucoup 10 ans, mais en même temps il n’y a qu’un gagnant par an et depuis il y a un club qui a un peu tout pris, donc ça me paraît compliqué.

"Pour le titre de champion de France, on est à la rue financièrement. Mais les miracles existent"

En tant que supporters, vous croyez aux chances de l’OM de remporter un nouveau titre à court, moyen ou long terme ?

Guillaume | À court terme, non. Il faut rester lucide. Paris est devant et ce n’est pas près de s’arrêter. On a beaucoup de retard sur eux. À moyen terme, je nous vois nous installer sur le podium tous les ans. Quand tu enlèves le PSG, c’est l’une des deux places à laquelle on doit être chaque saison. Ce n’est pas normal qu’on finisse 4e ou 5e. On sait que ce sont des qualifications récurrentes en Ligue des champions qui amèneront de l’argent. C’est ce qui va nous permettre de faire venir les joueurs. Ce n’est que comme ça qu’on se rapprochera du PSG. Le long terme dans le foot, c’est compliqué. Tu espères toujours en début de saison, quand tu vois le classement où tout le monde est à 0 point. Mais sur la longueur d’un championnat, c’est dur de rivaliser avec un club qui peut aligner deux voire trois équipes chaque week-end.

Charlotte | C’est dur parce que tu as le cœur qui parle mais aussi la raison. Si je parle avec le cœur, je vais te dire que tout est possible. Sur une année, tu peux avoir un collectif, la grinta… Mais encore une fois, en face, tu as le PSG. Sur le papier, leur équipe bis est meilleure que n’importe quelle équipe du championnat de France. Essayons de construire une belle équipe avec un effectif assez large, parce que c’est un des problèmes qu’on a eus ces dernières années, notamment cette saison. Si tu regardes le groupe, je trouve ça assez miraculeux qu’on soit arrivés là. Ça a fonctionné cette saison, mais on ne sait pas à quoi ressemblera la prochaine. Enfin si, on a une idée, mais ce n’est pas terrible. L’économie du club n’est pas au top. Donc on ne va pas pouvoir forcément recruter. Les joueurs financièrement intéressants à vendre ce serait des profils comme Kamara. Mais ce serait un crève-cœur de s’en séparer. Tu as envie de miser et de construire autour de joueurs comme lui.

Didier | C’est l’intérêt du sport, tu as toujours espoir. Montpellier l’a fait malgré le PSG, Monaco aussi. Montpellier gagne la saison où Paris vient d’être racheté, mais c’est quand même exceptionnel. Monaco, il faut voir l’équipe qu’ils avaient. Je ne suis pas sûr qu’on arrive à avoir la même un jour. Il faut toujours avoir espoir. L’investisseur est ce qu’il est, mais l’argent qu’il a mis doit suffire à faire une équipe compétitive. Pas à gagner tous les ans, mais au moins se battre. Il faut juste avoir un président qui comprenne le club, qui comprenne la ville et qui comprenne le foot. Le nôtre ne comprend rien, donc ça n’aide pas.

Najet | C’est toujours compliqué de se dire qu’on va gagner un titre. Mais si on regarde de plus près, mine de rien, on était en finale de Ligue Europa il y a deux ans. Cette année, on est deuxième, et tout ça sans avoir les moyens et les investisseurs du PSG. Je me dis qu’avec un effectif plus ou moins cohérent, avec un entraîneur comme Villas-Boas, gagner une coupe de France n’est pas inenvisageable. Il faut arrêter de se cacher derrière le PSG. Qu’on arrive déjà en finale, et si on perd contre eux, tant pis. Il y a de la place. Cette année, l’effectif était court, mais s’il avait été un peu plus conséquent, on aurait pu essayer de faire quelque chose comme aller au bout en Coupe de France. Il y a des clubs qui gagnent. Rennes a gagné une coupe. Je ne vois pas pourquoi nous, avec nos moyens limités, on ne pourrait pas. Pour le titre de champion de France, on est à la rue financièrement. Mais les miracles existent.

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