Reconversion extrême : il a 6 mois pour devenir triathlète professionnel

Apprentissage, persévérance, dépassement de soi : il lance son projet IronMax pour se qualifier à l'Ironman d'Hawaï.

À 32 ans, Maxime Courtaigne s’est lancé le défi de préparer et de terminer son premier Ironman. Pour devenir un homme de fer, il lui faudra boucler 4 kilomètres à la nage, 180 kilomètres à vélo et 42 kilomètres de course à pied. L’Ironman est connu pour être l’une des épreuves sportives les plus difficiles au monde. Il relèvera ce premier défi à Aix-en-Provence, le 17 mai prochain, un rêve depuis toujours. Son objectif ? Réaliser une performance suffisante pour se qualifier au championnat du monde Ironman à Hawaï ​et poursuivre l’aventure IronMax.

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Konbini sports ⎜ Comment l’idée de participer à un Ironman t’est-elle venue ?

Maxime Courtaigne ⎜ J’étais directeur du développement international d’une start-up dans le secteur du tourisme et en décembre 2019, j’ai été licencié économique. Je l’ai vécu comme une opportunité et non comme une souffrance. Pour moi, c’était un moment assez riche d’introspection, qui m’a poussé à écouter mes envies. J’ai donc décidé de concrétiser ce projet de participer à l’Ironman d’Aix-en-Provence avec mon meilleur ami.

J’imagine que tu étais déjà sportif pour te lancer un tel défi ?

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J’ai beaucoup pratiqué les sports de glisse, notamment le surf, le kite, le wake, mais aussi le ski. J’ai mon brevet de parachutisme et je fais aussi de l’alpinisme. J’aime puiser dans mes ressources physiques et mentales pour terminer des sessions intenses. En vivant à Paris, ma pratique a évolué avec du sport en salle, type fitness et cours collectifs.

Tu avais déjà une affinité avec les disciplines du triathlon ?

Je hais le métro, donc ça fait 3 ans que je ne me déplace qu’à vélo. Je fais 100 kilomètres par semaine à Paris, ça me chauffe le corps le matin, ça me détend le soir. J’ai découvert la natation il y a 3 mois et j’y prends beaucoup de plaisir. Enfin, je faisais un peu de course à pied quand j’étais étudiant, mais simplement pour le plaisir. Il fallait vraiment reprendre le rythme.

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©️ DR

Justement, comment construis-tu tes entraînements ?

Le temps dégagé depuis mon licenciement me permet d’aménager mon emploi du temps pour entamer la préparation de mon premier Ironman. Cet objectif nécessite un entraînement intense de 20 heures par semaine, 2 sessions par jour, soit 12 sessions par semaine, 3 de chaque discipline (natation, vélo, course à pied), 3 de renforcement musculaire et une routine de yoga ou de stretching par jour. Je fais en sorte que mon programme d’entraînement soit réparti et structuré avec l’aide d’un coach.

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Quels sont les plus gros inconvénients de cette expérience ?

C’est beaucoup de sacrifices : la constance des entraînements, la nutrition, le besoin de sommeil, les répercussions sur la vie sociale et sentimentale. Il y a aussi une dimension de souffrance. Pour faire face à la douleur, j’entre dans un état quasi méditatif. Quand les cuisses commencent à piquer, on passe outre la douleur physique, on se concentre sur sa respiration et on mise sur l’introspection.

Quel est le message que tu veux faire passer ?

Encourager les gens à trouver du sens à leur vie. On nous a imposé un modèle de réussite qui nous robotise et qu’il faudrait suivre à tout prix. Ce sont pourtant les paramètres du bonheur qui doivent définir notre objectif. Sortir de sa zone de confort, prendre le temps de trouver sa voie, ne pas avoir peur de prendre des risques…

Que dirais-tu à ceux qui voudraient se lancer dans l’aventure Ironman ?

Lancez-vous pour le challenge sportif et mental, pour connaître vos limites physiques. Je pense que le corps est vraiment magique et qu’on peut lui faire faire des trucs incroyables. Vivre une aventure comme celle-là change le regard. L’entraînement et le dépassement de soi procurent du plaisir et beaucoup de satisfaction. L’effort offre des sensations de bien-être physique et physiologique inégalables. Le sport, c’est une vraie drogue !

Suivez l’aventure de Maxime sur son site et son compte Instagram.

Par Valentine Cinier, publié le 05/03/2020