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On a posé quelques questions à Sam, certainement le seul Australien fan de l'OL

Publié le

par Lucie Bacon

"Juninho est le GOAT de l'OL."

Tous les supporters lyonnais présents sur Twitter le connaissent : Sam est certainement le plus fou d’entre eux. Pourtant, originaire de Brisbane, rien ne le prédestinait à supporter Lyon. Aujourd’hui, il est l’un des plus actifs du réseau. Surtout, il a l’air complètement cinglé, alors on a voulu en savoir plus sur lui. Entretien (réalisé en anglais, c’est important).

Konbini sports ⎮Peux-tu te présenter ?

Sam⎮ Je m’appelle Samuel, Sam pour faire court, je suis marié et papa de trois garçons. Je suis né et je vis à Brisbane, en Australie. La famille est très importante pour moi et même si je suis jeune, j’adore cette responsabilité d’être père.

Depuis quand tu supportes l’OL et comment tu es devenu un fan lyonnais ?

Justement, comment tu suis l’actu du club et les matches depuis l’Australie ?

Au début, c’était très difficile d’avoir des informations, alors je passais par un forum sur FIFA, puis j’ai rapidement rejoint Twitter pour pouvoir suivre le compte anglais de l’OL (qui n’existe plus), qui parlait uniquement du club en anglais. Maintenant, c’est uniquement sur Twitter que je suis le club, car j’ai la chance de m’être fait beaucoup d’amis, qui me racontent ce qu’il se passe en France.

Je suis aussi abonné à l’application OL, qui dispose d’une excellente plateforme en anglais et qui me donne également accès à tous les matches via OLTV, même les matches des jeunes, que je regarde beaucoup. C’est super-utile, car il est très difficile de regarder le football français en Australie, non seulement à cause des fuseaux horaires différents, mais aussi parce qu’ici, il n’y a que quelques chaînes de télé qui diffusent les matches et on n’est pas toujours sûrs qu’ils le seront.

Tu supportes un club en Australie ?

Non, le championnat est si nul que je préférerais accoucher d'une chaise plutôt que de regarder un match pendant 90 minutes.

Tu es déjà tombé amoureux d’un joueur ou d’un coach lyonnais ?

Je ne peux pas vraiment dire que je suis déjà tombé amoureux d’un joueur, mais si je devais en choisir un, ça serait Lacazette. C’est son style et sa personnalité qui m’ont attiré vers ce club et qui m’ont donné l’envie de le soutenir vraiment. Sinon, je m’associe à certains joueurs en fonction de leur style et de leur caractère : Umtiti, Tolisso, Fekir, Gourcuff, Denayer, Grenier, Aouar, Ndombele ou encore Memphis. Tous ces gars que j’adore regarder… pour la plupart.

Quel est ton joueur lyonnais préféré ?

Juninho, car il est le GOAT de l’OL, à mon avis, même si je n’ai jamais pu le regarder en direct. Sinon, c’est définitivement Lacazette !

Peux-tu nous expliquer ta relation avec Bruno Génésio ?

[Rires] Ah, ma relation avec Bruno "Pep" Génésio. Par où commencer… Nous avons eu une relation agitée ! Malheureusement pour Bruno, il se prenait ma mauvaise humeur causée par l’OL tous les matins. Je me levais entre 2 heures et 5 heures du matin pour voir jouer Lyon et au final, je me retrouvais devant un 3-0 qui devenait un 3-3 et une équipe qui traînait les pieds en jouant un football chiant et inefficace.

Du coup, logiquement, j’exprimais ma frustration envers le coach. Je n’ai pas de mauvais sentiments envers l’homme lui-même. Je dois le remercier, en quelque sorte, parce qu’il m’a rendu populaire sur Twitter d’une manière originale. Avec des amis, j’ai pu exprimer mes frustrations en utilisant des insultes françaises sous couvert d’humour. Je ne voulais pas être méchant, mais simplement montrer l’ironie de ma position : un Australien non-francophone utilisant d’obscures insultes françaises. J’étais surtout connu pour l’expression : "Fais revenir tes morts à la poêle" [rires].

Sur Twitter, tu es justement assez dur avec le club, les joueurs, sous couvert d’humour. Tu n’as pas peur d’être mal vu par les autres supporters ?

[Rires] Oui, je suis un fervent partisan de la liberté d’expression. Twitter peut être une plateforme toxique, mais j’essaie de m’assurer que mes critiques sont aussi justifiées et objectives que possible. Je suis émotif et passionné, comme beaucoup, donc parfois, ça prend le dessus et je dis quelque chose d’horrible. J’essaie, la plupart du temps, de masquer mes critiques avec l’humour.
 
Cela fait partie de ma personnalité et de la culture que je partage avec mes amis et ma famille : on aime se moquer les uns des autres. Cela peut parfois sembler dur, mais derrière ça, il y a de l’amour. J’essaie d’y mettre autant d’ironie que possible, ce qui est généralement bien compris par la plupart des supporters, même s’ils ne sont pas d’accord. Je n’aime pas offenser les gens, mais en même temps mes opinions sont les miennes et mon style d’humour est le mien, donc je ne m’attends pas à ce que ce soit du goût de tout le monde.

Es-tu déjà venu à Lyon ?

J’adorerais venir à Lyon et en France ! Mon rêve, c’est de venir voir un match au Groupama Stadium et de rencontrer certains amis que je me suis faits sur Twitter. Les liens que je crée avec les gens sont réels pour moi, même s’ils se sont faits virtuellement sur Twitter. J’aimerais aussi voir les châteaux du Languedoc et des villes comme Paris, Strasbourg, Lille et Nice.
 
Tu as déjà parlé avec Jean-Michel Aulas ?
 
Je le respecte énormément et ce qu’il a réalisé est très inspirant pour moi. Il est un grand ambassadeur du football français et je ne crois pas qu’il ait assez de reconnaissance pour tout ce qu’il a fait dans le milieu. Je n’ai jamais eu le plaisir de lui parler et j’aimerais avoir l’occasion un jour de le rencontrer en personne. Je crois que l’un d’entre nous devra améliorer son anglais ou son français, car je parle moins bien français qu’il parle anglais – je pense à sa célèbre interview avec Memphis !
 

Tu as appris le français grâce à l’OL et Twitter ou tu le parlais déjà un peu avant ?

Non, je n’ai jamais appris le français avant l’OL. Je ne dirais jamais que je sais parler français. Je peux comprendre 30 à 60 % de français si ça parle de football, sinon je ne peux pas le lire. J’ai essayé d’apprendre les bases avec une application, mais je suis loin du niveau que les gens imaginent.

Mon grand secret, c’est que je ne suis pas aussi bon en français que les gens le pensent, désolé pour la surprise. Je donne parfois une idée à un ami qui m’aide à la formuler pour un public français, car souvent, avec la traduction automatique, l’humour peut se perdre, mais attention, les idées et les blagues sont toujours les miennes. Je présente mes excuses à tout le monde, car mon niveau de français est, oui, on peut le dire… une grosse fraude !

J’ai l’impression que tu as appris pas mal d’insultes en français, quelle est ta préférée ?

C’est difficile pour moi d’en préférer une, car je les considère comme mes enfants, mais ma toute première est probablement ma préférée. C’était pour l’entraîneur de l’OM de l’époque, Rudi Garcia, ironie du sort [il entraîne aujourd’hui Lyon, ndlr.]. Il avait critiqué l’OL pour des décisions d’arbitrage favorables. C’était : "Mais débroussaille tes morts, toi" [en français, dans l’interview, ndlr.]. J’aime particulièrement toutes les insultes où il y a "tes morts", car en anglais, cela n’a absolument aucun sens et ça me fait trop rire.

Que penses-tu de cette fin de saison ? Qu’espères-tu pour la suite ?

J’ai été déçu de la fin de saison 2019-2020. J’avais beaucoup d’espoir au début, avec la nomination de Juninho et Sylvinho, je trouvais que le club allait dans la bonne direction. Même si Sylvinho n’a pas eu le succès qu’on espérait, j’étais optimiste grâce à l’ambition dont on avait fait preuve au début de la saison. Malheureusement, je pense que nous avons stagné dans ce domaine et ça s’est reflété dans les résultats, qui sont loin d’être cohérents. J’espère que le championnat va reprendre, car je pense que c’est ce qu’il y a de mieux pour le football français et pour l’OL. J’espère que le club pourra redémarrer sur une note positive et recommencer à être ambitieux, car je vois énormément de potentiel à l’OL.

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