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Que se passe t-il à Marseille entre l'OM et ses supporters ?

Publié le

par Abdallah Soidri

Après le projet "Agora OM" lancé par le club, les supporters et les personnalités politiques se mobilisent.

Chaque jour qui passe à Marseille nous rapproche d'un point de non retour entre les groupes de supporters marseillais et la direction de l'OM. Depuis les incidents il y a une quinzaine de jours à la Commanderie, en marge du match de Ligue 1 contre Rennes, la relation entre les deux parties ne cesse de se détériorer. Le conflit a pris une nouvelle tournure ce lundi avec le lancement par le club d'une "grande concertation" avec "tous les supporters du club", une initiative baptisée "Agora OM".

Dans le communiqué présentant l'initiative, Hugues Ouvrard, directeur général du club, affirme que l'OM "a pris la décision de ne plus tolérer aucune violence commise par les supporters ultras" : "Nous le leur avons signifié par l'envoi d'un courrier de mise en demeure affirmant notre volonté de mettre fin à ces pratiques." Selon le quotidien La Provence, l'OM envisagerait dans ce cadre de "mettre fin à la convention sur les abonnements" qui lie le club et les groupes de supporters organisés.

Le directeur général du club avait présenté "Agora OM" comme une "main tendue à tous les supporters", y compris la frange qui a attaqué la Commanderie le 30 janvier. Amorcé par le président Jacques-Henri Eyraud, le projet "Agora OM" n'est "pas de la démagogie" ni "un comité Théodule", a insisté le DG du club, assurant vouloir "entamer un dialogue et mettre en place un plan d'action" pour "refondre le système du supportérisme".

"On place les supporters au coeur du projet, l'OM est un club populaire et doit le rester. Par contre, on ne peut plus tolérer la violence", a précisé le dirigeant, expliquant que cette initiative faisait suite aux incidents de la Commanderie.

Sur les réseaux sociaux, la résistance des supporters contre ce plan initié par le club s'organise. Sur Twitter ce mardi, sous le hashtag BoycottAgoraOM, les fans marseillais, en France et à l'étranger, manifestent leur soutien aux ultras et dénoncent la politique menée par la direction olympienne, Jacques-Henri Eyraud en tête. Le 3 février, dans un communiqué commun, les six groupes de supporters de l'OM ont demandé le départ du président du club, cible de leurs critiques.

Les personnalités politiques ne sont pas en reste dans la mobilisation. Le maire de Marseille Benoît Payan a invité lundi le président de l'OM Jacques-Henri Eyraud à "calmer le jeu" avec les fans du club, après une nouvelle poussée de fièvre dans le conflit entre les deux parties autour d'une "mise en demeure" envoyée aux groupes de supporters.

"Les supporters sont l'âme du club. Leur mise en demeure par la direction est incompréhensible, il ne peut pas y avoir des dizaines de milliers de Marseillais qui payent les conséquences de quelques excités, déjà devant la justice. J’ai écrit à Jacques-Henri Eyraud pour qu'il calme le jeu", a écrit Benoît Payan sur les réseaux sociaux.

"L'OM c'est notre ville. C'est notre vie ! Les associations de supporters sont le cœur battant de notre club dans la ville mais aussi en dehors", a ainsi lancé sur Twitter Martine Vassal, la présidente LR de la métropole Aix-Marseille et du département des Bouches-du-Rhône. "Ce que les supporters attendent, ce sont des résultats (...) et pas une dissolution déguisée de leurs clubs de supporters", a aussi réagi Samia Ghali, maire adjointe de la ville.

Konbini Sports avec AFP

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