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"Mon destin, c’est bien plus que jouer au basket" : entretien avec Rudy Gobert

Publié le

par Abdallah Soidri

"En tant que leader et source d’inspiration pour beaucoup de jeunes, c’est comme un devoir de redonner."

"Mon destin, c’est bien plus que jouer au basket" : entretien avec Rudy Gobert

© Tim Clayton/Corbis via Getty Images

Rudy Gobert n’est pas qu’une machine défensive bonne à contrer tout ce qui bouge et gober des rebonds, en attestent ses trois titres de meilleur défenseur de l’année en NBA. Le pivot français s’investit autant sur le terrain, à la quête d’une première bague de champion, qu’en dehors, où il réalise de nombreuses actions caritatives via sa fondation, la Rudy’s Kids Foundation.

Après un premier partenariat avec la marque Yop l’an dernier, qui avait permis de récolter plus de 50 000 euros, l’intérieur du Jazz remet ça cette saison. Les contres de Gobert à domicile permettront la rénovation dans sa ville de Saint-Quentin d’un "terrain iconique de sa jeunesse". À quelques jours de la fin de la saison régulière, on a discuté avec The Stiffle Tower de cette initiative, de son jeu et de ses ambitions avant les play-off.

Konbini Sports | Peux-tu nous parler de ce partenariat avec Yop et en quoi il consiste exactement ?

Rudy Gobert | Celui de l’an dernier s’est bien passé. On a récolté 50 000 euros pour ma fondation, qui nous ont permis de réaliser plusieurs opérations en France. Après cette belle réussite, on a décidé de renouveler le partenariat. Au-delà de l’aspect marketing, le plus important était que la marque soit d’accord de prendre part à une initiative positive pour le monde. On a eu l’opportunité de relancer le block challenge : chaque contre dans un match à domicile rapporte 500 euros à ma fondation. À la fin de la saison, l’argent va dans des projets caritatifs, en France exclusivement, comme le Secours populaire.

Ce n’est pas la première fois qu’on te voit t’engager pour la communauté. À quel point c’est important pour toi ?

Ça a toujours été important pour moi de redonner. J’ai la chance de bien gagner ma vie, d’être épanoui dans ce que je fais et de réaliser mes rêves, mais je pense que mon destin, ma mission sur Terre comme on dit souvent, c’est bien plus que jouer au basket. En tant que leader et source d’inspiration pour beaucoup de jeunes, c’est comme un devoir de redonner, de les faire rêver et leur donner le plus d’opportunités possibles.

Que ce soit en France, aux États-Unis ou en Afrique, j’essaie de réaliser des projets de plus en plus grands et importants. Que les enfants, où qu’ils soient, aient la chance de croire en eux et aient tous les outils pour avoir l’éducation nécessaire. C’est une manière, pour moi, de rendre le monde meilleur.

Tu l’as dit, ton partenariat avec Yop repose sur tes contres. L’an dernier, tu affichais ta meilleure moyenne en carrière dans ce secteur de jeu (2,7 contres par match). Tu sens que tu progresses encore ou tu es à ton prime ?

Je sens que je progresse chaque année. J’essaie toujours de m’améliorer. J’ai la chance d’avoir un entourage qui m’aide dans ce sens, sur et en dehors du terrain. Tu as beau être un joueur reconnu comme un des meilleurs à son poste, il faut continuer à évoluer. Mon objectif est de gagner un titre NBA et en équipe de France. Tant que je n’aurai pas accompli l’un ou l’autre, je dirai que je n’ai pas atteint le maximum de mon potentiel.

"Je n’ai jamais douté de mes capacités"

Comment te motives-tu ?

Depuis ma draft, je dis que je veux être champion NBA. Le titre olympique est aussi un rêve et un objectif. Mais le principal reste d’être le meilleur Rudy possible, car ce que tu accomplis dans ta carrière reste pour l’éternité. Je ne veux pas avoir de regrets à la fin.

Parmi les traces que tu peux laisser, il y a la possibilité de remporter un quatrième trophée de meilleur défenseur de l’année (DPOY). Tu y penses ?

À chaque fois que je mets un pied sur le terrain, mon but est d’être le meilleur défenseur au monde, et un leader de mon équipe chaque année. Ce serait incroyable de gagner de nouveau ce titre cette année. Quand j’ai commencé le basket, je n’aurais pas pensé en remporter un, alors être en lice pour un quatrième, c’est juste exceptionnel.

Depuis ta première saison en NBA, tu as un jeu très pro-actif en défense. Tu n’hésites pas à aller au contre, quitte à te prendre des dunks sur la tête, mais aussi à placer des blocks. Tu peux nous parler de cet aspect de ton jeu ?

C’est une mentalité. Les gens regardent les highlights, mais ce genre de titre se gagne avec la consistance, la détermination et en n’abandonnant jamais. Tous les joueurs ont des actions négatives, le contraire est impossible. Il y a toujours des moments où tu te manges un mur, mais c’est dans la gestion de ces moments qu’on voit la différence entre un bon et un très bon joueur. Je n’ai jamais douté de mes capacités. Les moments plus durs m’ont permis de revenir encore plus fort.

"Donovan est un meilleur joueur que l’an dernier"

L’an dernier, avec le Jazz, vous étiez premiers de la Conférence Ouest, mais ce ne sera pas le cas cette saison. Dans quel état esprit êtes-vous avant d’aborder la campagne de play-off ?

On a vu l’exemple de Milwaukee l’an dernier, qui a su élever son niveau de jeu en play-off jusqu’à gagner le titre. C’est cette mentalité-là qu’il nous faut. On utilise chaque match pour continuer de construire de bonnes habitudes en saison régulière pour être à notre meilleur niveau quand les play-off débutent.

Comparé à l’an dernier, qu’est-ce que vous avez en plus qui te fait croire que vous pouvez aller plus loin ?

L’expérience. On est une équipe relativement jeune qui progresse au fil des années. Je pense être un meilleur joueur que l’an dernier, comme Donovan [Mitchell], qui est un meilleur joueur que l’an dernier. On a connu plus de blessures et rencontré plus d’adversité cette année, mais je vois ça comme une aubaine. Ça nous a renforcés et soudés. À choisir, je préfère que les problèmes surgissent durant la saison régulière, car dans le cas contraire, une fois arrivés en play-off, on ne sait pas réagir quand viennent les ennuis.

Autre grosse échéance, l’Euro en septembre. Tu sais si tu vas y participer ?

Je ne sais pas encore. L’équipe de France a toujours été un objectif et un honneur pour moi, mais on verra comment se passe cette saison et comment je me sens – j’ai beaucoup enchaîné ces dernières années et il faut prendre soin de la machine. Ça reste mon objectif, mais je leur ai dit que cette décision sera prise en fonction de tout ça.

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