L'OM fait polémique en affichant son soutien au professeur Raoult

"Marseille et le monde avec le Pr Raoult". 

Ce jeudi soir, pour animer ses réseaux sociaux, l’Olympique de Marseille publie sur Twitter une photo du Vélodrome vide de supporters, mais où l’on peut distinguer 3 banderoles dans un des virages : "Pape Diouf et Hidalgo deux étoiles dans le ciel olympien", "Soutien aux services hospitaliers" et "Marseille et le monde avec le Pr Raoult".

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La légende qui accompagne la photo est sans équivoque : "L’espoir provient de Marseille". L’OM apporte donc son soutien à un médecin local, le professeur Raoult, qui assure pouvoir soigner le coronavirus avec de la chloroquine. Or ce dernier est aujourd’hui extrêmement controversé, à la fois pour les résultats de ses recherches mais aussi pour le financement parfois opaque de ses instituts. Mediapart a pu enquêter et voici quelques constats :

"Didier Raoult, en dépit d’une brillante carrière, s’est vu privé en janvier 2018 du label du CNRS et de l’Inserm, deux de ses établissements de tutelle. Mediapart a pu consulter les deux rapports scientifiques qui ont conduit à ce retrait. […]  Ces études dressent un bilan sans concession de l’Urmite, le fameux laboratoire de recherche de Didier Raoult sur les maladies infectieuses et tropicales. Selon les évaluateurs, faute d’analyse épidémiologique, de vérifications et de recherches approfondies, le travail de certaines équipes de son unité n’apporte pas de 'bénéfice scientifique'.

Par ailleurs, le 'manque d’expertise dans des domaines clefs', en particulier 'en épidémiologie', entraîne des essais cliniques mal conduits et des études biostatistiques approximatives. En résumé, les découvertes ne donnent lieu à aucune recherche approfondie permettant de connaître par exemple les effets d’un virus sur le corps humain."

Alors que le traitement du Dr Raoult fait aujourd’hui débat en France et dans le monde, la prise de position du club phocéen n’a pas plu à tout le monde, même dans le camp marseillais, comme le montrent les réponses au tweet :

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Par Lucie Bacon, publié le 10/04/2020