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Les dénonciations d'actes discriminatoires ont explosé dans le foot anglais

Publié le

par Konbini Sports

Les cas d'insultes à caractère raciste ont grimpé de 53%.

L'association Kick It Out (Dégageons le !), qui lutte contre toutes les formes d'intolérance dans le football, a annoncé jeudi une hausse de 42% des cas qui lui ont été rapportés dans le football professionnel la saison dernière.

Selon le rapport annuel de l'ONG, 446 cas ont été portés à sa connaissance lors de la saison 2019/2020, contre 313 l'année précédente, pour les divisions allant de la Premier League à la League Two (D4). Les cas d'insultes à caractère raciste ont grimpé de 53%, de 184 à 282, et celles liées à l'orientation sexuelle des victimes ont explosé de 95%, passant en un an de 60 à 117.

Ces chiffres sont particulièrement frappant, alors que la fin de la saison dernière avait été marquée par l'hommage systématique des équipes de Premier League au mouvement antiraciste Black Lives Matter, et que les témoignages de joueurs sur les comportements insultants dont ils ont été victimes se sont multipliés. En début de saison, les joueurs de Manchester United Paul Pogba et Marcus Rashford ou de Chelsea, Tammy Abraham, avaient été les cibles d'insultes racistes après avoir raté des pénalties.

"Cette année, la pandémie (de Covid-19) et le meurtre de George Floyd (étouffé sous le genou d'un policier, provoquant des manifestations aux Etats-Unis) ont mis le monde sens dessus-dessous", a commenté le président de Kick It Out, Sanjay Bhandari.

"Le football a répondu positivement en développant son travail auprès de la communauté et avec les joueurs (...) mettant genou à terre (avant les matches). Mais sous la surface, la haine et les divisions de la société restent une menace pernicieuse tapie dans l'ombre."

Au niveau amateur et loisir, le nombre de cas rapporté baisse de 113 à 94, mais la saison a été interrompue définitivement en mars à cause de la pandémie de Covid-19 et si l'on compare à période égale, on constate en fait une hausse de 11% des cas rapportés, a expliqué Kick It Out.

L'association, qui recense les cas aussi bien sur le terrain que dans les tribunes ou sur les réseaux sociaux, a relevé une baisse des plaintes liées à ces derniers.

Mais cela pourrait être dû au fait que le public "a une meilleure connaissance des mécanismes pour dénoncer directement aux entreprises de réseaux sociaux ces insultes", Kick It Out n'étant sollicité que lorsque leur réponse n'est pas jugée satisfaisante.

"Nous savons que le rapport annuel de Kick It Out n'est que la pointe émergée de l'iceberg (...) Les réseaux sociaux restent un champ de bataille contre la haine. Nous devons nous battre dans toute la société pour gagner cette guerre", a jugé M. Bhandari.

AFP

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