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"Je fais en sorte que les filles puissent s’émanciper" : entretien avec Kadidiatou Diani

Publié le

par Abdallah Soidri

"Je trouve qu’il y a une réelle évolution par rapport aux années précédentes."

Ils sont nés entre 1990 et 2000. Ils sont le souffle de demain, ils inventent, ils inspirent, et s’interrogent dans tous les domaines : environnement, politique, art, musique, cinéma, sport, technologie… Quand on a 20 ans aujourd’hui, de quoi rêve-t-on ? Quels sont leurs aspirations, leurs souhaits, leurs craintes, leurs engagements pour demain ? Le mercredi 14 octobre, France Inter et Konbini leur consacrent une journée pour leur donner la parole.

Joueuse importante de l’équipe de France et du PSG, Kadidiatou Diani a décidé de mettre à profit sa notoriété et son statut pour défendre la cause de l’ONG Plan International France, qui œuvre notamment pour l’égalité fille-garçon, dont elle est devenue l'ambassadrice. Un choix du cœur que l’attaquante de 25 ans a pris le temps de nous expliquer. Entretien.

Konbini Sports | Tu es l’ambassadrice de l’ONG Plan International France. Peux-tu nous raconter ton choix de t’engager avec eux ?

Kadidiatou Diani | J’ai été contactée par Plan International France et j’ai trouvé leur combat intéressant, il s’avère que nous défendons les mêmes valeurs. J’ai accepté volontiers de les rejoindre car leur combat me tenait à cœur.

Pourquoi est-ce si important pour toi de t’investir dans cette cause ?

J’ai une petite sœur de 8 ans qui fait du sport ; son éducation, son développement et son émancipation sont très importants à mes yeux. Et j’en veux autant pour toutes les filles du monde, c’est pour cette raison que j’ai décidé de m’engager. Je n’étais pas obligée de le faire, mais je trouvais que c’était une bonne action que de défendre cette cause.

Ta petite sœur subit les mêmes clichés que toi ou tu constates une évolution par rapport à ton époque ?

Elle en subit moins pour la simple et bonne raison qu’il y a plus de filles qui jouent avec elle. Je trouve qu’il y a une réelle évolution par rapport aux années précédentes.

Enfant, aurais-tu aimé connaître une structure comme Plan International France, qui milite pour l’égalité filles-garçons ?

Oui, bien sûr. Ça aurait participé à mon éducation et à mon émancipation, peut-être que ça aurait rendu ma vie de tous les jours plus facile. Aujourd’hui, je fais en sorte que les filles puissent s’émanciper et connaître leurs droits.

Avec ton engagement, quelles actions vas-tu mener ?

Avec le contexte actuel, ce ne sera pas sur le terrain. Mais par exemple, pour la journée internationale de la fille, le 11 octobre, on a mis en place une opération sur les réseaux sociaux qui consistait à poster une photo de soi enfant pour inciter les adultes à faire de même. Ça a été pas mal repris par des célébrités et des coéquipières ont même joué le jeu, c’est positif.

"J’étais confrontée aux regards des petites filles qui disaient que le sport n’était pas fait pour nous, les filles"

Dans une interview, tu racontes qu'au début ton père n’était pas d’accord pour te laisser jouer au foot. Comment as-tu finalement réussi à le convaincre ?

En lui prouvant que c’est que j’aime faire et que je n’ai pas d’autres moyens de m’épanouir que le sport. Avec le temps, il a compris et accepté que j’en fasse.

Il y a quelques jours, on a discuté avec Lisa Zimouche, elle nous expliquait que son plus grand rêve était de changer les mentalités sur les filles et le sport. C’est un rêve que tu partages ?

Ce serait formidable que les mentalités évoluent. Quand j’étais petite, j’étais confrontée aux regards des petites filles qui disaient que le sport n’était pas fait pour nous, les filles. Mais je ne prêtais pas attention à ce genre de réflexion. Avec toutes les actions mises en place par l’ONG, je pense qu’effectivement on peut faire changer les mentalités de manière positive.

Dans le cas du foot féminin, est-ce que le changement de mentalité ne passerait pas, malheureusement, par une victoire de l’équipe de France dans une grande compétition ?

Si l’équipe de France gagne une compétition, les mentalités peuvent changer et davantage de personnes s'y intéresseront. Même si on n’a pas encore gagné, on continue d’avancer et d’apporter de la visibilité sur le foot féminin.

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