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Incidents à la Commanderie : les supporters marseillais condamnés mais pas emprisonnés

Publié le

par Konbini Sports

Du sursis, du ferme aménageable et deux relaxes.

"J'ai suivi bêtement, comme un âne" : à l'issue d'une journée de procès pendant laquelle ils ont tenté de se justifier, 12 supporters de l'OM ont été condamnés mercredi pour les violents incidents survenus à la Commanderie fin janvier et deux ont été relaxés. Onze de ces jeunes hommes ont été condamnés à six mois de prison avec sursis et un 12e, qui avait déjà été condamné pour vol, a écopé de trois mois ferme aménageables.

Compte tenu de leurs peines, les quatre qui ont comparu détenus mercredi devaient être relâchés dans la soirée, et ne cachaient pas leur soulagement après plus de trois semaines de prison. Ces condamnations sont légèrement plus clémentes que les réquisitions du procureur André Ribes qui avait demandé 4 mois ferme pour le prévenu ayant déjà été condamné, et 8 mois avec sursis pour tous les autres.

"Quand vous faites ça, vous n'êtes plus des supporters", avait fustigé le magistrat pour qui l'arrivée "concertée" des manifestants à la Commanderie le 30 janvier laissait "penser que la manifestation ne (pouvait) que dégénérer".

"Je ne pensais pas que ça allait dégénérer autant"

Âgés de 19 à 37 ans, les 14 supporters originaires de toute la France, et pas seulement de Marseille, encouraient 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. Pendant des heures, ils ont tenté de se justifier mercredi dans une série de dialogues de sourds avec la présidente.

"Je ne pensais pas que ça allait dégénérer autant, j'ai suivi bêtement, comme un âne", a assuré Mehdy, un chômeur de 25 ans en polaire bleue qui reconnaît avoir pris part à la manifestation mais nie toute dégradation. Denis, un intérimaire de 37 ans, était venu spécialement ce samedi-là de Montceau-les-Mines. Il était incarcéré depuis. "Pourquoi avoir porté des lunettes, une capuche et avoir été vêtu de noir ?", lui a demandé la présidente. "Je n'étais pas un des leaders, j'ai vu la possibilité d'un début de dialogue avec les dirigeants", a rétorqué cet "amoureux" de l'OM.

"Imbéciles"

Difficile de savoir qui a fait quoi. L'un a été vu par des policiers jeter des pierres mais a assuré n'avoir "rien lancé". Un autre, interpellé seulement 10 minutes après le début des faits, assure s'être "barré" dès que la situation a dégénéré. Ce directeur-adjoint d'une épicerie, membre des Ultras marseillais, a convaincu le tribunal, qui l'a relaxé. Un seul, le plus jeune, Romain, 19 ans, habitant un quartier chic de Marseille, reconnaît les faits, notamment la dégradation d'un véhicule banalisé de police. "J'étais débordé par ma passion", explique le garçon, cheveux mi-longs, chemise blanche.

Les avocats de la défenses avaient réclamé des relaxes, faute de preuves matérielles contre leurs clients. "J'ai plus devant moi la photo de classe d'imbéciles que de voyous", avait argumenté Me Ludovic Para, estimant qu'il manquait aujourd'hui "les gros poissons". Cinq autres supporters, interpellés une dizaine de jours après les faits, doivent d'ailleurs être jugés le 22 mars, dont le responsable des Ultras (CU84). 

Autour du club, la pression n'est pas retombée depuis ces incidents : les six groupes de supporters ont de nouveau demandé de concert le départ de Jacques-Henri Eyraud il y a quelques jours. La direction du club, elle, a menacé de rompre la convention qui les lie à eux.

Sandra LAFFONT / AFP

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