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Harcelé en ligne, un joueur de foot de 22 ans quitte le monde professionnel

Publié le

par Tess Birkedal Hartmann

© Instagram

Josh Hope, joueur australien de 22 ans, ne supportait plus le harcèlement et la pression des réseaux.

En début de semaine, Josh Hope, jeune milieu de terrain de Melbourne Victory, annonçait sur Instagram sa décision : il ne prolongera pas son contrat professionnel. La raison ? La cruauté des commentaires sur les réseaux sociaux, monde qu’il qualifie d'"impitoyable". Il raconte son calvaire à Sportbible :

"Quand les discussions à propos d’un nouveau contrat ont commencé, je me suis dit : 'Est-ce que je veux encore m’infliger ça ?' Et la réponse était non. Un non flagrant. À l’idée de retourner dans un environnement pareil me rendait anxieux et me rappelait tous les mauvais souvenirs."

Tout a commencé il y a 18 mois, lorsqu’il concède un penalty. Les commentaires négatifs commencent à pleuvoir sur Instagram et Twitter notamment. Une véritable vendetta s’établit contre Josh. Tout d’abord sont critiquées ses qualités en tant que sportif et joueur, puis les attaques sont devenues plus personnelles. Le cercle vicieux était lancé. Plus les commentaires négatifs s’accumulaient, plus son moral était atteint et ses performances sportives se dégradaient.

"J’ai loupé un penalty. Ça arrive, mais après ce match en particulier, j’ai eu des centaines d’identifications sur les réseaux sociaux et ils étaient tous négatifs. Sans mentionner les messages personnels. Quelqu’un a même dit qu’il me tuerait si je ratais un autre penalty. C’est un cercle vicieux parce que tu finis par avoir tellement peur de te louper que tu ne peux pas jouer correctement. Et ça ne s’est vraiment pas arrêté après ça."

Ça s’est même aggravé. Les critiques visaient de plus en plus son image, son apparence, son caractère et même sa santé mentale. Jamais constructif, et toujours personnel. Le jeune joueur australien ne le supporte plus. "J’en suis arrivé à un point où la chose avec laquelle j’avais aimé grandir, à laquelle j'ai dédié toute mon adolescence, pour laquelle j'ai déménagé à 16 ans, était devenue la chose que je méprisais le plus. Finir par y penser en ces termes, c’est dévastateur."

18 mois à supporter, 18 mois à se voir dépérir, 18 mois pour prendre une décision radicale. "C’était plus une accumulation de nombreuses choses qui m’ont mené à me sentir si mal. C’était une bataille de 18 mois. Mais après être sorti de 7 semaines dans l’épicentre du Covid, je suis enfin rentré à la maison pour la première fois en 9 mois. C’est ce qui m’a le plus aidé à réaliser à quel point j’avais ces sentiments négatifs."

Josh Hope porte bien son nom et ne perd pas espoir, enclin à retrouver sa sérénité et de bonnes sensations sur le terrain. "Je veux que ce soit clair, je ne prends pas ma retraite. J’ai bien l’intention de revenir, mais quand ? Qui sait."

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