The FIFA World Cup Trophy is projected on the roof of the Luzhniki Olympic stadium, marking the FIFA World Cup Trophy Tour Route announcement on July 6, 2017 in Moscow.
The opening and final matches of the FIFA World Cup 2018 will be played on the field of Luzhniki stadium. / AFP PHOTO / Mladen ANTONOV

Des dirigeants de la FIFA auraient été payés pour attribuer la Coupe du Monde à des pays

Ils auraient reçu des pots-de-vin de la part de la Russie et du Qatar.

Cela fait des années que des soupçons pèsent sur la FIFA pour l'attribution de la dernière et de la prochaine Coupes du Monde, et la justice pourrait être sur le point de trancher. Selon un document publié lundi par le procureur fédéral de Brooklyn, des dirigeants de l'instance internationale ont reçu des pots-de-vin pour voter en faveur de l'attribution à la Russie et au Qatar des Coupes du monde 2018 et 2022. C'est la première fois que la justice d'un pays affirme que les votes désignant Qatar et Russie ont été entachés d'irrégularités.

Plusieurs médias ont déjà affirmé, sur la base de documents ou de témoignages, que des dirigeants de la Fifa avaient été payés pour choisir le Qatar lors du scrutin.

Publicité

Selon l'acte d'accusation publié lundi, qui inculpe trois nouveaux individus ainsi qu'une société, Jack Warner, l'ancien président de la Concacaf et à l'époque vice-président de la FIFA, a reçu 5 millions de dollars pour voter en faveur de la Russie. Le versement aurait été effectué par l'intermédiaire d'un réseau complexe de sociétés écrans. 

Le document cite également Rafael Salguero, ancien président de la Fédération guatémaltèque de football et ex-membre du comité exécutif de la Fifa. Selon l'acte d'accusation, le dirigeant se serait vu promettre un million de dollars en échange de son soutien à la candidature russe lors du vote décisif.

Dans le cadre de l'attribution de la Coupe du monde 2022, le document affirme également que plusieurs dirigeants ont reçu des enveloppes pour acheter leurs voix. Il cite l'ancien président de la Fédération brésilienne de football Ricardo Teixeira et l'ex-président de la Confédération sud-américaine de football Nicolas Leoz, décédé en août 2019.

Publicité

Des enquêtes et informations judiciaires ont été ouvertes dans plusieurs pays sur des soupçons de corruption lors de l'attribution des Coupes du monde 2018 et 2022. Quelque 45 personnes physiques et morales ont été inculpées à ce jour par la justice américaine dans l'affaire dite Fifagate, qui a mis au jour un vaste système de corruption, qui minait surtout les fédérations du continent américain.

À ce jour 26 accusés ont plaidé coupable, ainsi que 4 personnes physiques. Deux autres personnes, qui avaient plaidé non coupable, ont été condamnées à l'issue d'un procès.

Réclamé par la justice américaine, Jack Warner, aujourd'hui âgé de 77 ans, se trouve toujours à Trinité-et-Tobago. Son recours contre la demande d'extradition présentée par les Etats-Unis doit encore être examiné par le Privy Council, qui se trouve à Londres mais constitue la plus haute juridiction de droit trinitéen. Jack Warner est également accusé d'avoir vendu son vote pour l'octroi de la Coupe du monde 2010, attribuée à l'Afrique du Sud. Il a été condamné par contumace, en 2019, à verser 79 millions de dollars de dommages et intérêts à la Concacaf.

Publicité

Rafael Salguero a lui été condamné en décembre 2018 à une peine de trois ans d'assignation à résidence, équivalente à celle qu'il avait déjà effectuée. Cette peine réduite prenait en compte sa collaboration dans l'enquête menée par la justice américaine. Quant à Ricardo Teixeira, il se trouve au Brésil et échappe donc, pour l'instant, aux autorités américaines.

Avec AFP.

Par Konbini Sports, publié le 07/04/2020