Covid-19: la belle histoire de Bakary Meité, rugbyman devenu agent d'entretien à l'hôpital

Le temps de la crise sanitaire, ce joueur pro s'est complètement reconverti.

Les belles histoires se multiplient à l’heure où nous traversons une crise sanitaire mondiale. Le monde du sport, touché en plein cœur avec l’arrêt total des compétitions et la contamination de nombreux athlètes, n’en reste pas moins très solidaire et prêt à faire bouger les choses pour aider les soignants et les patients.

La dernière belle initiative en date nous est racontée par RMC Sport. Le journaliste Pierre Ammiche a pu s’entretenir avec Bakary Meité, un rugbyman pro de Carcassonne, troisième ligne dans son club mais en première ligne pour aider à l’hôpital Sainte-Périne, à Paris, où il est devenu le temps de la crise agent d’entretien. À RMC, il raconte comment il a décidé d’accomplir cette tâche :

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"Ça s’est fait sur un coup de tête, sans savoir dans quel hôpital, sans savoir comment, ni où. Les questions arrivent après. Au départ, j’ai accepté de le faire parce que dans ma tête, je me disais : 'Si ça peut éviter aux aides-soignantes de le faire, c’est formidable'."

Forcément, son quotidien est transformé, pourtant, pour lui, cela paraît normal et même nécessaire :

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"Je désinfecte tout, dans deux des trois bâtiments. Je nettoie tout ce qui est à portée de la main. Les rampes, les interrupteurs, les poignées de portes, les fenêtres, les tours de fenêtre. […] Quelque part, on est en mission. Ce que je dois faire, c’est désinfecter pour éviter qu’il y ait des microbes et des germes. C’est ma mission. Il y a des patients qui sont mieux que d’autres et qui se déplacent. Et quand je vois un patient s’aider de la rampe, je me dis : voilà, je sers à ça. C’est une mission. Et je suis fier de faire ce que je fais. Je me dis que je fais quelque chose d’utile. Quelque chose de bien."

Loin des terrains de rugby, Bakary Meité assume la difficulté de la tâche, compensée par le soutien qu’il reçoit chaque jour à l’hôpital :

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"C’était le boulot de ma mère pendant 30 ans. Très honnêtement, c’est dur. Mais je reçois tellement de remerciements de la part des aides-soignantes… C’est très valorisant. Les rôles s’inversent. Dans la situation actuelle, elles sont soulagées et j’ai l’impression de faire quelque chose de fou. Elles peuvent se consacrer à leur boulot. Alors je me sens utile. C’est ça, en fait : je me sens utile."

Par Lucie Bacon, publié le 02/04/2020