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Comment se prépare-t-on à un tour du monde en solitaire ? Alex Thomson nous éclaire

Publié le

par Lucie Bacon

© Alex Thomson Racing/Hugo Boss

Avant de prendre la mer pour le Vendée Globe, le skipper d'Hugo Boss a répondu à nos questions.

Le 8 novembre prochain, ils et elles s’élanceront seul·e·s à l’assaut des vagues depuis les Sables-d’Olonne, pour un tour du monde à la voile en solitaire. Cette année, le Vendée Globe verra s’affronter 33 skippers. L’un d’eux, le Britannique Alex Thomson, qui en sera à sa 5e édition, nous en dit plus sur sa préparation physique et mentale, mais aussi sur ses sensations à bord de son IMOCA Hugo Boss. 

Konbini Sports ⎜ Comment vous êtes-vous préparé physiquement pour le Vendée Globe ? Avez-vous aussi suivi une préparation mentale ?

Alex Thomson ⎜ La préparation mentale est autant, voire plus importante que la préparation physique. Je travaille avec un psychologue du sport, Ken Way, sur de nombreuses techniques qui me préparent aux situations auxquelles je peux être confronté en mer. Si ces situations surviennent – si la course se passe mal, si je me sens très isolé ou déprimé –, je sais déjà comment y faire face psychologiquement. La préparation physique est également importante, je fais bien sûr régulièrement du sport pour garder la forme. Dans les derniers jours avant le départ, il s’agit vraiment de travailler dur pour rester en forme, prévenir des blessures et commencer la course dans la meilleure forme possible.

Y a-t-il également une préparation tactique ? En quoi consiste-t-elle ?

En équipe au Royaume-Uni, nous nous entraînons chacun seul de son côté. Avant la course, nous ne savons pas vraiment où nous nous situons en termes de performances. La plupart de nos concurrents sont basés en France et eux en savent beaucoup plus les uns sur les autres ! Notre objectif est de nous concentrer sur notre propre stratégie et de prendre les décisions que nous pensons être justes. Jusque-là, je crois que ces décisions ont porté leurs fruits. Maintenant, reste à savoir quand on pourra démarrer la course !

©️ Alex Thomson Racing / Hugo Boss

Concrètement, comment préparez-vous votre voilier pour un tel périple ?

Nous nous concentrons surtout sur deux facteurs principaux : la performance et la fiabilité. Ces deux critères-là doivent être soigneusement équilibrés pour mettre au point le bateau le plus rapide possible, mais qui puisse en même temps faire le tour du monde en toute sécurité. La clé de ce sport se trouve dans les détails car il est imprévisible.

Comment la pandémie a-t-elle affecté votre préparation ?

Nous avons incontestablement perdu du temps, mais toutes les autres équipes aussi. C’est frustrant, mais on ne peut rien y faire. Nous avons tiré parti de ce temps et nous sommes concentrés sur tous les projets pouvant être réalisés hors de l’eau, en particulier certains de nos projets technologiques à bord, comme nos systèmes de caméra qui permettront aux fans de nous suivre de plus près.

Qu’emportez-vous avec vous sur le voilier, outre le matériel ?

Je dois prendre de tout pour tenir tout au long de la course, car on ne peut plus rien récupérer à bord une fois qu’on a commencé. On fait des réserves pour environ 80 jours, même si on espère terminer en moins de temps. Je prends des aliments lyophilisés pour garder de l’énergie car ils sont légers et riches en calories, mais aussi des friandises, comme de la bûche de Noël, des chips et des bonbons. J'emporte beaucoup de vêtements, notamment ma collection "Boss Sailing" et ma combinaison étanche Zhik, pour quand je serai sur le pont. Je garde également des photos de ma famille.

Comment fonctionne votre partenariat avec Hugo Boss ? Avez-vous créé des vêtements spécifiques avec la marque ?

Nous sommes en partenariat avec Hugo Boss depuis plus de 17 ans et j'en suis extrêmement content, nous avons accompli beaucoup de choses. Je suis très reconnaissant pour leur soutien et l’énergie qu’ils apportent au partenariat. Nous sommes très fiers de la nouvelle capsule "Sailing". La collection a été créée à partir de matériaux responsables, notamment du coton biologique et du plastique recyclé. C'est vraiment passionnant de faire partie du programme de la marque pour un avenir plus durable.

©️ Alex Thomson Racing / Hugo Boss

Parlez-nous de votre IMOCA. Comment le sentez-vous ? Sur quoi avez-vous travaillé ?

C’est un plaisir de naviguer sur le bateau Hugo Boss ! Il a été conçu pour moi – en fonction de ma taille, de ma corpulence et de la façon dont je m’assois et me tiens. Le bateau a un cockpit fermé, ce qui offre une meilleure protection contre les éléments et devrait améliorer mes performances. Il présente de beaux foils circulaires, qui aident à "voler" sur l’eau. Le pont est recouvert de panneaux solaires afin de générer de l’énergie à bord. Le bateau semble noir, mais il s’agit en fait de carbone brut. Le logo Boss a lui aussi été réalisé en carbone et est intégré dans la coque : pour la première fois, c'est une véritable composante du bateau. Le voilier est entièrement fait sur mesure, dans les moindres détails. Pour moi, c’est une œuvre d’art !

Qu’avez-vous appris de vos premiers Vendée Globe ? Comment abordez-vous cette édition ?

À chaque Vendée Globe, on apprend quelque chose de nouveau. Cette fois-ci, je vais l’aborder en sachant que je suis déjà passé par là, j’ai beaucoup d’expérience et connais cette course. Bien sûr, il y a toujours de nouveaux défis en mer, mais j’adore naviguer. J’aime la concurrence. Et donc je prendrai beaucoup de plaisir à concourir pour la cinquième fois !

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