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À Roland-Garros, les boxeurs français veulent rallumer la flamme du noble art

Publié le

par Abdallah Soidri

© DR.

"La boxe est un sport populaire en France, et on a envie de le ramener dans de gros endroits."

Ce vendredi, la boxe retrouve un lieu mythique, après 47 ans d’absence. À Roland-Garros, où se déroule habituellement fin mai le 3e tournoi de tennis du Grand Chelem, Tony Yoka, Souleymane Cissokho et Mathieu Bauderlique, membres de la "Team Solide", tenteront de faire briller le noble art à la française dans ce haut lieu du sport tricolore. En plus des oppositions qui les attendent, le cadre prestigieux génère un engouement supplémentaire autour de cette réunion. Une publicité bienvenue pour la boxe made in France, qui revient de loin.

"La boxe, c’est le noble art. Il s’est joué dans des lieux mythiques dans le passé, et ces dernières années, on a été cantonnés à des petits lieux", juge Tony Yoka, qui sera opposé au Croate Petar Milas ce vendredi. Pour le boxeur poids lourds toujours en quête d’un premier titre de champion du monde, le regain de popularité de la discipline passe par l’organisation de galas dans des lieux atypiques ou symboliques : "La boxe est un sport populaire en France, et on a envie de le ramener dans de gros endroits : Bercy, la U Arena l’an dernier et là, Roland-Garros."

"Il faut continuer comme ça", abonde de son côté Souleymane Cissokho, qui défendra sa ceinture WBA lors de cette réunion. Reconnaissant que la boxe était "dans le creux de la vague" il y a encore quelques années, il voit dans ce genre d’événements un moyen de "démocratiser" le noble art. De quoi attirer les spectateurs, mais aussi les boxeurs, comme lui. "Quand on m’a proposé ce combat, j’ai directement accepté", avoue le médaillé de bronze dans la catégorie des poids welters aux Jeux de Rio en 2016, initialement prévu sur la réunion du combat entre Anthony Joshua et Oleksandr Usyk, le 25 septembre à Londres.

Pour convaincre son copain "Souley" de venir boxer avec lui dans la Mecque du tennis français, Tony Yoka n’a pas eu besoin de beaucoup d’arguments. "Je lui ai dit que Roland-Garros ne se refuse pas, et que ça faisait longtemps qu’il n’avait pas boxé devant son public. Il a été emballé et ça l’a fait", explique-t-il. Mais il n’y a pas que ça. Conscient d’être "le boxeur le plus suivi et le plus connu en France", Yoka profite de son statut pour partager avec les copains le regain d’intérêt autour de la boxe :

"J’essaie de tirer un maximum de personnes, d’amener le plus de gens à mes réunions, confie-t-il avec enthousiasme. C’est pour ça que j’ai envie de partager ça avec la 'Team Solide'. Ça aurait été nul de faire Roland-Garros tout seul."

À trois, Yoka, Cissokho et Bauderlique auront à cœur de briller sur le court Philippe-Chatrier, où il n’y a plus eu de victoire française depuis 1983, celle de Yannick Noah à Roland-Garros.

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