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Marathon : pour courir vite, ne soyez pas régulier

Oubliez tout ce que vous savez sur le marathon. Ou presque.

Pour un sportif, la régularité est une qualité fondamentale. En effet, être capable de fournir un effort précis, maîtrisé et calculé à chaque entraînement et chaque compétition est absolument indispensable pour devenir un champion plutôt qu’une étoile filante. Quant à ceux qui ne cherchent pas à battre des records mais à prendre soin d’eux et à se dépasser, c’est pareil. La régularité donne toujours de meilleurs résultats que de se donner pendant un mois et d’arrêter pendant deux. Toutefois, une chercheuse est en train de prouver qu’en marathon, l’irrégularité peut vous faire gagner en vitesse.

Une chercheuse hors du commun

© IT Stock

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Ancienne athlète et chercheuse universitaire spécialiste de la physiologie humaine et des performances sportives, Véronique Billat est une star dans le monde du marathon et de la course de fond. Cette physiologiste française cherche depuis longtemps à améliorer les performances physiques par l’étude et l'observation des mécanismes du corps humain. En fait, elle a même mis au point une méthode d'entraînement considérée par certains comme révolutionnaire et fondée sur la qualité de l'entraînement plutôt que la quantité et les sorties à rallonge.

Et parmi ses observations, il en est une qui a de quoi surprendre : il serait plus efficace de courir de manière irrégulière au cours d’un marathon. D’après Véronique Billat, cela aurait même pu permettre à Eliud Kipchoge, recordman mondial du marathon, de passer sous la barre des deux heures à Berlin en 2018.

Le piège de la régularité

© ASICS

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Pour commencer, il est essentiel de préciser ce que Véronique Billat entend par l’irrégularité. Il ne s’agit pas de courir à n’importe quelle vitesse à n'importe quel moment. L’idée consiste plutôt à diviser la course en séquences et donc d'alterner entre des phases d’accélérations et de décélérations. Car si elle semble permettre d’optimiser son temps de course, une vitesse constante finit en fait par peser sur les performances du coureur. Et pour cause, dans ces conditions, le corps ne se repose jamais et s’use au fil des kilomètres.

Pourtant, à en croire Véronique Billat, il serait possible de l'aider à recharger son énergie en course. 

Les avantages du changement de vitesse

© ASICS

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Dans la méthode Billat, le coureur court plus vite et exploite sa vitesse puis décélère. Il conserve ainsi son rythme respiratoire tout en soulageant ses muscles et “rembourse” donc “une dette énergétique”. Puis, le coureur ré-accélère pendant une période définie, et ainsi de suite. Les chercheurs ont même établi que cette variation devait suivre une courbe sinusoïdale pour être optimale. Et oui, votre prof de cinquième avait raison : les mathématiques sont cachés partout autour de nous, dans chaque élément de notre monde.

Enfin, Véronique Billat explique que pour suivre cette technique, il faut commencer sa course en partant vite afin de “lancer le moteur”. Ensuite, il faut maintenir cette alternance jusqu’au franchissement de la ligne d’arrivée.

Vous l’aurez compris, la recherche continue à faire progresser l’optimisation des performances de l’être humain, dont il est aujourd’hui avéré qu’il est l’un des meilleurs sprinters de sa catégorie. Mais la science seule ne suffit pas à faire tomber des records. L'entraînement, le travail, l’alimentation et la connaissance de son corps sont et seront toujours les clés d’un marathon bien préparé.

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En témoigne le fait que les records des marathoniens de la fin du 19ème siècle puissent aujourd’hui être battus par des coureurs de plus de 70 ans. C’est Véronique Billat qui le dit. Et elle s’y connait.

Par Asics, publié le 10/04/2019