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On a rencontré l’épatant Victor Daviet, snowboarder professionnel aux mille et un talents

Publié le

par Ana Corderot

Victor Daviet ©John Jamun

Plus qu’un sport, le snowboard est pour lui un style de vie dans lequel se lient amitié, partage et découvertes…

Attention ! L’homme dont il est question ici n’est pas n’importe qui. Il s’agit mesdames, messieurs de Victor Daviet, le freerider élu le plus rapide de tout le Pakistan (oui, vous avez bien lu). Si pour lui la vitesse n’a plus de secret, il en va de même pour le snowboard qu’il pratique depuis une vingtaine d’années. Toujours à l’affût d’aventure et de nouvelles sensations, il vibre et glisse hors des sentiers battus.

À l’affiche de films de snowboard, à l’initiative d’un événement fédérateur sur la sécurité en montagne, créateur d’une marque d’accessoires techniques, photographe à ses heures perdues et engagé dans des causes humanitaires, Victor ne s’arrête jamais et n’est pas près de s’arrêter…

Konbini Sports⎪ Bonjour Victor, peux-tu te présenter ?

Victor Daviet | Je m’appelle Victor Daviet, j’ai 31 ans, je suis originaire de Gap mais j’habite à Annecy. Je fais du snowboard depuis l’âge de 8 ans et j’en suis toujours autant passionné. J’ai été champion de France, d’Europe et j’ai participé aux coupes du monde [X Games, ndlr]. J’ai vite compris que ce n’était qu’une facette du snowboard, certes un gros tremplin pour se faire un nom et trouver des sponsors, mais que l’esprit de compétition ne me convenait pas.

Que fais-tu actuellement ?

Comme évoqué, je ne me sentais pas de continuer dans les compétitions, ce n’était pas mon esprit. C’est pourquoi je me suis rapidement dirigé vers la vidéo et la photographie. Je suis acteur pour des films de snowboard où je représente des marques qui me financent et me permettent de vivre de cette passion. Cela me permet de voyager, accompagné d’autres freeriders, pour trouver les meilleurs spots, les meilleures poudreuses et les plus belles montagnes et ensuite faire des vidéos et des photos. C’est de cette manière-là que j’aborde ma discipline. Pour moi, le snowboard est synonyme de partage et de découvertes.

"Freerider", qu’est-ce que cela signifie pour toi ?

Dans freerider ou freestyler, il y a le mot "free", "liberté", et je pense que ça résume bien ce qu’on fait. C’est avec cette notion en tête qu’on pratique ce sport au quotidien et qu’on essaie de repousser nos limites, avec mes amis. Pour qu’à terme, on puisse faire des images de plus en plus belles et inspirantes.

J’ai vu que tu pratiquais d’autres disciplines (surf, skate…). Te permettent-elles aussi d’aller au-delà de tes limites ?

Je suis vraiment dans une recherche de sensations, et je les retrouve dans tous les sports de glisse. Je me suis mis cet été au foil avec un groupe de potes, je fais aussi beaucoup de surf et de skate. Ce que j’aime particulièrement là-dedans, c’est de pouvoir diversifier mon rapport à la discipline.

© Victor Daviet

Tu parles beaucoup de tes amis. Tu considères que la communauté snowboard, c’est avant tout une bande de copains ?

Comme je le disais tout à l’heure, je ne supporte pas ce côté malveillant dans la compétition. Au contraire, je conçois cette discipline comme un moyen de créer du lien. On est tous amis, on essaie de se tirer les uns les autres vers le haut. Car c’est aussi ça le snowboard, des instants inoubliables qui nous fortifient et nous rattachent. Ce sont des rencontres et des souvenirs que l’on garde à vie.

Justement, tu peux nous parler de ton dernier souvenir marquant ?

Je suis parti avec Zoomconnection, une association créée par Julien "Pica" Herry [un guide de Chamonix spécialisé dans la pente raide, ndlr] qui a pour but de développer et d’aider les populations à la pratique du ski et du snow au Pakistan. Notre objectif était de leur apporter du matériel collecté en France par mes sponsors et d’organiser des stockages pour que les enfants puissent s’amuser tout en développant leurs compétences. Accompagnés d’une équipe de parapentistes, skieurs et snowboarders, on s’est retrouvés au fin fond de la vallée de Malam Jabba, et c’était complètement hors du temps par rapport à ce qu’on vit actuellement.

Qu’est-ce qui t’as le plus marqué là-bas ?

C’était une expérience incroyable, très émouvante et différente de ce que je fais habituellement, beaucoup plus humanitaire. Voir tous ces visages, tous ces enfants avec qui je me suis retrouvé, tous à fond même avec un équipement à l’arrache comme des skis en bois ou des chaussures trop grandes. Dans des conditions hardcore, ils s’en sortent et ils ont toujours le sourire, c’est fou. J’ai eu l’occasion d’enseigner le snowboard à des filles pour qui c’était la première fois, j’ai assisté à des moments magiques, remplis d’émotions. Notamment celui où un de mes "poulains" a gagné la finale de la compétition, tout le village s’est mis à chanter en chœur pour sa victoire et l’a élevé. C’était tellement fort. Devoir les quitter m’a fendu le cœur.

À part ce voyage, as-tu eu d’autres projets en parallèle ?

Après avoir fait dix ans de snow pur, qui me poussait à uniquement performer toute l’année, j’avais envie de changer de perspective en lançant mes propres projets. De là est née ma marque PAG, sur laquelle j’ai collaboré avec Uno, puis les Safety Shred Days. Plus récemment, un projet de vidéos plus artistiques et techniques nommé DVD (pour Daviet Victor Digital Vidéos) sur lequel je fais appel à des artistes qui donnent un regard différent. Enfin, ma web-série Trip Roulette sur laquelle je travaille activement.

Le concept est simple : on définit de façon aléatoire grâce à une roulette une destination, un moyen de transport écolo et un guest. C’est une façon d’appréhender le voyage différemment. C’est une bonne dose de fun, de conneries et de rires dans des lieux insolites. J’ai fait la Corse en voilier et là, la dernière vidéo sortie, révèle notre folle aventure à cheval dans les montagnes en Grèce.

Tu parlais des Safety Shred Days, peux-tu nous expliquer de quoi il s’agit ?

En 2014 puis en 2016, j’ai eu des gros soucis d’avalanche lors de shootings encadrés. J’ai dû secourir des amis et j’en ai perdus. Après ça, j’ai ressenti le besoin d’apporter quelque chose de signifiant dans un milieu qui m’avait beaucoup donné. J’ai alors créé un événement de formation sur la sécurité en montagne et de sensibilisation sur les avalanches. Il existait déjà des formations de sensibilisation mais elles n’étaient pas adaptées à notre génération. Le but était de le faire à notre image : jeune, fun mais percutant. Aujourd’hui, c’est devenu le plus gros rassemblement de freerides en France. Grâce à mon voyage au Pakistan, j’ai pu réaliser la 1re édition internationale des Safety Shred Days, et je pense qu’à l’avenir on réitéra cette édition.

Et ton avenir, comment s’annonce-t-il ?

Je vais continuer sur ma lancée. Trip Roulette 3 est en montage et je vais faire un maximum de vidéos. Je vais tenter de sortir chaque saison une vidéo DVD. Je vais bientôt apparaître sur un film de snowboard, produit en collaboration avec Salomon, intitulé Amouse-bouche. Si malgré toutes ces années, j’arrive toujours à trouver du fun et du renouveau dans ce que je fais, c’est que c’est encore bon. En plus, je viens de finir mes études, mon master en école de management qui m’a pris dix ans [rires]. Alors maintenant, j’ai bien l’intention de me dépasser au quotidien dans mes aventures et dans mes rencontres.

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