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L’avenir des Girondins de Bordeaux est en péril après le retrait de leur actionnaire

Publié le

par Konbini Sports

© Jorono/Pixabay

Le destin du club est désormais entre les mains du tribunal de commerce.

King Street, le fonds d’investissement américain propriétaire des Girondins de Bordeaux, a annoncé jeudi qu’il ne souhaitait plus financer le club qui, au moment où il lutte pour son maintien en L1, se retrouve plongé dans l’incertitude la plus totale, avec son destin entre les mains du tribunal de commerce. Dans un communiqué, le club a annoncé que King Street avait fait savoir qu’il ne "souhaite plus soutenir le club et financer les besoins actuels et futurs" des Girondins.

"Un mandataire ad hoc a été nommé, [qui] sera chargé d’assister le FC Girondins de Bordeaux dans sa recherche d’une solution durable", a ajouté le club, évoquant "le contexte économique lié à la pandémie de la Covid-19 et [le] retrait de Mediapro [ayant] provoqué une baisse sans précédent des recettes des clubs de football français".

Dans quelle division joueront les Bordelais la saison prochaine ? En L1 ? En L2 comme il y a pile 30 ans après une descente pour raisons administratives ? Au niveau amateur comme d’autres clubs historiques ou prestigieux tels Reims, Sedan, Bastia ou Strasbourg ? Ou vont-ils carrément disparaître ?

"C’est ce qui peut arriver", a déclaré sur RMC la légende du club Alain Giresse qui s’est dit "trahi par des gens qui sont totalement incompétents dans le domaine du football et qui ne sont pas venus là pour faire du sport mais pour faire du business".

"Je suis à la fois dégoûté, triste et soulagé, a commenté pour Sud Ouest l’ancien attaquant du club Christophe Dugarry. C’est une bonne chose que tous ces pitres dégagent. GACP, King Street… Ils sont venus pour se sucrer sur le dos du club, et ils s’en vont avec un simple communiqué… Des ordures étaient à la tête du club, on le savait, on n’a pas arrêté de le dire." 

"Du début à la fin, cette histoire est un scandale, une honte absolue, a tweeté l’ancien défenseur Bixente Lizarazu. C’est inacceptable pour le football français. Je suis choqué, triste et écœuré."

"Pas une grande surprise"

Cette annonce "n’est malheureusement pas pour moi une grande surprise", avait réagi en premier le maire EELV de Bordeaux Pierre Hurmic, qui, alors dans l’opposition, avait voté contre le plan de reprise du club en 2018. "Tout devra être fait pour mettre en place une solution assurant la pérennité de ce club", a ajouté l’édile.

Le retrait de King Street intervient dans un contexte de crise sportive aiguë – Bordeaux est 16e de L1 et pas assuré du maintien – et de très fortes tensions entre le président Frédéric Longuépée et les Ultramarines, le principal groupe de supporters, exacerbées depuis fin 2019 et une affaire de billetterie.

Tous les scénarios sont désormais possibles après le lâchage par King Street, qui avait racheté à l’automne 2018 pour 100 millions d’euros le club propriété de la chaîne M6, en compagnie d’un autre fonds américain, GACP, très dépensier, dont il avait racheté les parts un an plus tard.

King Street, actionnaire majoritaire sans visage ni passion débordante pour le football, a au total investi 46 millions d’euros de fonds propres – selon le communiqué – pour franchir par deux fois l’obstacle de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG). Sans retour sur investissement.

Un repreneur supporter aux aguets

Les joueurs, partis se mettre au vert en Bretagne en vue de leur match à Lorient dimanche, ont été avertis de la nouvelle à la descente de l’avion, les autres salariés du club par un mail interne. Les Ultramarines ont réclamé "le départ immédiat et sans délai" de M. Longuépée et que King Street "travaille dans les heures à venir à une cession du club saine et durable".

Désormais, selon un e-mail interne au club cité par le journal Sud Ouest, la balle est dans le camp du mandataire nommé par le tribunal de commerce pour "permettre l’examen de toutes les options de maintien de l’activité. Pendant la durée de cette procédure destinée à mettre en forme un plan de reprise, la vie du club se poursuivra et les salaires seront versés".

Cité ces derniers mois et toujours intéressé, l’homme d’affaires et supporter Bruno Fiévet a espéré sur La chaîne L’Équipe que "le tribunal ne va pas aller au plus offrant" et choisir "un nouveau fonds [d’investissements] qui n’y connaît rien au football qui va venir se servir et refaire ce qu’on a connu depuis trois ans".

Konbini sports avec AFP

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