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De gardien de stade à la Liga, découvrez la folle histoire de Randy Nteka

Publié le

par Konbini Sports

Photo by OSCAR DEL POZO / AFP

"Quand on monte, j'ai du mal à croire que j'ai atteint mon objectif : je suis footballeur professionnel."

"Un rêve éveillé" : au bout d'un parcours digne des romans d'aventures, l'attaquant français Randy Nteka brille au Rayo Vallecano, équipe surprise de la saison en Liga. Tout près d'abandonner le football à 19 ans, Randy Nteka a quitté sa banlieue parisienne pour s'expatrier à contrecœur à Madrid, où il a enchaîné les galères, acceptant même un poste de gardien de stade dans un club de niveau régional. Désormais, il explose au Rayo Vallecano (4e de Liga), sous l'égide de Radamel Falcao.

Tout commence en 2016, quand un agent approche le jeune joueur qui évolue alors en U19 DSR à Linas-Montlhéry, en banlieue parisienne. "Quand l'agent me contacte, moi, je ne suis pas trop chaud. Franchement, le foot, je n'y pensais plus trop. Je cherchais déjà des petits jobs pour me lancer dans la vie active. Mais mon père, lui, n'avait pas tourné la page. Dès qu'il y avait une infime chance, il voulait que j'essaie. Donc quand l'agent m'approche, il m'a fait comprendre que, en gros, c'est maintenant ou jamais", raconte Randy Nteka à l'AFP. 

"Au culot"

Mais à son arrivée à Madrid, c'est la douche froide. "L'agent n'avait pas vraiment de contacts... Il toquait à des portes, au culot... Je tombe de très haut. Je m'imaginais arriver, faire ma semaine de test, et si c'était concluant, lancer ma carrière... Mais non, pas du tout", confie le joueur au grand gabarit (1,89 m, 80 kg).

Nteka tente sa chance auprès du Rayo, qui apprécie son profil mais qui n'a plus de place pour le signer. Le club de la banlieue ouvrière de Madrid le redirige vers le Betis San Isidro, un club de division régionale, tout en lui disant qu'ils vont continuer de le superviser là-bas. 

"J'étais venu pour une ou deux semaines. Au final, je suis resté six mois en essai", résume Nteka. "Le Rayo, c'était la seule chose qui me retenait. Je me disais 'peut-être que demain, ils vont m'appeler'". Guidé par les modèles de réussites françaises à l'étranger (Griezmann, Kanté, Pogba...) érigées en exemples par son père, Randy Nteka prend son mal en patience. Mais il vit sans ressources. Pour l'aider, le club du Betis San Isidro lui déniche un poste de gardien de stade.

L'été suivant, en 2017, Randy Nteka effectue toute la pré-saison avec le Rayo. Mais le club fait planer le doute sur un éventuel contrat et le joueur décide alors de tenter l'aventure avec un contrat de réserviste en D3 espagnole, à Fuenlabrada, en banlieue madrilène. 

"Je ne connaissais même pas le club", sourit aujourd'hui Nteka (24 ans). "Quand ils m'ont dit qu'ils étaient intéressés par mon profil, moi je leur ai dit 'non', direct. Je suis dans un club pro, le Rayo, j'ai envie de m'imposer ici. Mais ma situation était trop incertaine..." 

Avec Fuenlabrada, Nteka manque de peu la montée chez les professionnels la première saison, puis y accède dès sa deuxième saison.  Son plus beau souvenir dans le foot, encore aujourd'hui. "Quand on monte, j'ai du mal à croire que j'ai atteint mon objectif : je suis footballeur professionnel", se souvient-il.

Apprenti de Falcao

L'été suivant, ironie du sort, plusieurs équipes de Liga sonnent à sa porte... dont le Rayo Vallecano. "Je me dis que la roue a tourné", glisse aujourd'hui ce N.8 de formation reconverti avant-centre. "Aujourd'hui, on peut parler de rêve éveillé, mais c'est vrai qu'il y a eu des moments difficiles...", confesse-t-il.

Le 29 août dernier, le Rayo bat Grenade 4-0 à domicile lors de la 3e journée de Liga. Ce jour-là, Nteka délivre une passe décisive et marque son premier but en Liga. 

"C'était la première fois que mes parents venaient en tribunes depuis mon retour au Rayo. Quand je fais la première passe décisive, je me dis 'ça y est, je suis dans mon match, ma saison est lancée, je ne vais plus m'arrêter'. Et quand je marque, j'ai l'impression que le monde s'arrête. Je n'y crois pas. C'était incroyable. Encore aujourd'hui, parfois, je regarde la vidéo du but !", souffle Nteka.

Avec trois buts et deux passes décisives en 16 matches de championnat, Nteka est devenu une des pièces fortes de ce surprenant promu qui bouleverse la hiérarchie en Liga, aux côtés du Colombien Radamel Falcao. Et il espère continuer sa folle histoire avec une victoire contre le champion d'Espagne en titre, l'Atlético Madrid, dimanche. 

Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA, AFP

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