En France, une quinzaine de plaintes ont été déposées contre le mode FUT d'EA Sports

"À force, je n'avais plus de vie sociale, je ne me consacrais qu'à FUT, chaque soir, chaque week-end..."

Vous connaissez certainement le mode FIFA Ultimate Team : c’est le mode en ligne de la saga FIFA, qui permet à tout un chacun de construire l’équipe de ses rêves, en ouvrant les packs que le jeu offre ou en en achetant. Et c’est là que le bât blesse : certains fans du jeu sont devenus accros à l’achat de ces packs.

Cette semaine, L’Équipe a décidé de donner la parole à ceux qui sont tombés dans la spirale infernale que représente ce mode FUT. L’un d’entre eux, 38 ans et chef d’entreprise, confie avoir dépensé 15 000 en trois ans :

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"Cela a été un véritable engrenage. J’ai commencé par dépenser 10 € pour essayer d’améliorer mon équipe. Puis j’ai recommencé une fois, deux fois… Je me disais toujours que c’était la dernière, mais le système est fait de telle sorte qu’il te pousse à payer sans vraiment t’en rendre compte. À force, je n’avais plus de vie sociale, je ne me consacrais qu’à FUT, chaque soir, chaque week-end… C’était comme une drogue contre laquelle tu n’es pas sensibilisé."

"Nous estimons que l’achat de packs au contenu totalement aléatoire relève d’une logique de jeu de hasard. C’est une machine à sous que l’on fait entrer dans les foyers" : pour défendre des joueurs qui se sentent lésés, deux avocats français, Mes Karim Morand-Lahouazi et Victor Zagury, ont lancé une procédure contre X auprès du procureur de la République de Bobigny en début d’année, comme le rapportait déjà en février déjà L’Équipe. Après cette annonce, d’autres fans du jeu ont contacté les avocats, comme l’explique Victor Zagury :

"C’est la première fois que FIFA est attaqué en France, cela a fait du bruit. Depuis, nous avons reçu des centaines de messages et déjà déposé 15 plaintes supplémentaires, émanant d’hommes de 19 à 42 ans, de toute la France et de tous les milieux sociaux. Avant, certains joueurs avaient peur car EA est tout-puissant. Il agit à la fois comme l’État qui taxe, la banque qui encaisse et le juge qui sanctionne. Désormais, les langues se délient."

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Par Lucie Bacon, publié le 06/03/2020