TEHEIURA

"Toujours un régal de faire Koh Lanta" : entretien avec le héros Teheiura

"Quand je participe à une épreuve c’est pour la gagner".

En quatre participations à Koh-Lanta, Teheiura s’est imposé aux yeux de beaucoup comme l’aventurier ultime. Fort en survie et dans les épreuves, le Polynésien est presque comme un poisson dans l’eau dans le jeu. Pourtant, malgré toutes ses qualités, il n’a jamais réussi à remporter Koh-Lanta.

Cette saison, Tehe, comme ses camarades l’appellent sur le camp, est sortie au terme d’un épisode d’anthologie qui a vu son départ et celui de Charlotte, malgré deux colliers d’immunité. Une semaine après cette élimination spectaculaire, le héros revient sur son aventure. Sans rancune et avec beaucoup d’honneur.

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Konbini Sports | Après trois participations à Koh-Lanta, qu’est-ce qui t’a fait accepter de revenir une 4e fois ?

Teheiura | Depuis le premier Koh-Lanta, les motivations ont toujours été les mêmes : le challenge, les épreuves, la survie et, évidemment, être l’ultime survivant. Et puis, comme on dit, je suis piqué maintenant. C’est difficile de refuser une proposition pour participer à une si belle aventure.

Qu’est-ce qui a changé entre cette 4e participation et les trois précédentes ?

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Pour moi, il n’y a pas vraiment eu de changement. C’est toujours un régal de faire cette aventure. Toute cette ambiance est géniale. Mais entre 2011 et cette année, ce qui a changé, ce sont les réseaux sociaux qui nous rapprochent du public.

Comment tu te prépares pour Koh-Lanta ?

Pour les trois premières saisons, je me suis reposé sur mes acquis. Pourtant, quand j’ai reçu le coup de fil m’annonçant que je participais à Koh-Lanta, j’ai essayé de faire une préparation physique, mais je n’y suis pas arrivé. J’ai fait un peu de volley et du kayak, et je suis parti comme ça. Pour cette édition, c’était différent. Il fallait que je sois affuté, donc je me suis pris en main. J’ai fait pas mal de training dans mon jardin, et j’étais content parce que j’étais plus en forme cette année qu’il y a 10 ans.

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Claude nous disait justement qu’il t’avait trouvé beaucoup plus affuté qu’en 2012, l’année de votre premier Koh-Lanta ensemble.

C’est exactement ça. Je me suis dit que ça pouvait être la dernière fois et je voulais me régaler. Je me suis aussi mis en tête de gagner l’épreuve des combattants. En 2011, j’ai fini 2e derrière Martin, et cette année je rate encore la victoire de peu. Mais c’est vrai, j’étais beaucoup mieux préparé physiquement. J’ai aussi rééquilibré mon alimentation pour être vraiment en forme au moment de partir.

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On sent chez toi une réelle envie de performer sur les épreuves.

Quand la bouteille pour aller à l’épreuve arrive, je rentre directement dans ma bulle et je passe en mode combattant. Les épreuves individuelles ou par équipe, c’est la même chose pour moi. Il faut être prêt quand on nous le demande.

On peut dire que le fait de vouloir gagner toutes les épreuves, c’est aussi ce qui te met en danger par rapport aux autres candidats ?

En remportant des victoires sur les épreuves de confort, qui sont importantes pour chacun de nous, on peut se mettre en danger par rapport à la stratégie et aux votes des autres. Mais il y a l’esprit sportif. Je ne peux pas faire semblant de ne pas gagner ou de faire gagner les autres. C’est impossible.

"J’en ai voulu à Charlotte"

Donc pas de stratégies pour paraître moins fort et éviter de se faire éliminer ?

Jamais. Surtout avec l’adrénaline que je ressens au top départ de Denis. Quand je participe à une épreuve, c’est pour la gagner.

Avec le recul, comment tu te sens par rapport à ton élimination avec Charlotte ?

Sur le coup, c’est une énorme déception. Quand je me rends compte qu’elle ne sortira jamais son collier, et que je n’ai pas bougé d’un iota pour sortir le mien, c’est fini. Il n’y avait même pas besoin d’attendre le deuxième vote. J’en ai voulu à Charlotte, parce que pendant 48 heures, je l’ai travaillée au corps pour qu’elle sorte le collier. Je voulais tellement lui faire confiance, parce que si ça avait marché, ça aurait tout changé pour la suite. Mais ce qui est fait est fait. Ça fait plus d’un an maintenant, de l’eau est passée sous le pont et je n’en veux pas à Charlotte.

Quelle a été la réaction de tes proches ?

Tout le monde a été déçu. Je comprends encore plus la déception et la colère des personnes de mon entourage quand elles ont vu que j’avais la possibilité de me sauver. Pendant la diffusion de l’épisode, une de mes filles m’a sorti "de toute façon, papa tu ne peux pas sortir, tu as un collier". J’ai dit "Aïe ! Aïe ! Aïe !" Je ne savais pas quoi lui dire. Finalement, elle n’a pas réagi plus que ça.

Tu parlais des réseaux sociaux qui rapprochent le public des candidats. Mais il y a aussi eu des dérives avec certains qui ont reçu des menaces. Quel regard tu portes sur tout ça ?

C’est plus qu’une dérive, c’est du grand n’importe quoi. Ça part dans tous les sens. C’est tellement facile de parler caché derrière son clavier et un faux nom. Je n’ai pas eu droit à de tels mots, mais que ce soit envers moi ou mes camarades d’aventure, y compris dans la vie de tous les jours, ça ne se fait pas.

On a senti que tes deux éliminations ont beaucoup affecté Claude. On a l'impression qu’il t’estime beaucoup. Vous avez quel genre de relation ?

On est très proches. On discute quasiment tous les jours. En 2012, il a été plus ou moins instigateur de ma sortie et il a éprouvé beaucoup de regrets. Il a grandi depuis, il est devenu père, et moi aussi. Et on s’est rapproché comme ça. On a beaucoup de points en commun, entre le côté sportif et la combativité dans les épreuves.

Au final, qu’est-ce que tu retiens de cette aventure ? Est-ce que tu es content de ton parcours ?

Je ne retiens que le côté positif de cette aventure. Elle a été très belle encore une fois. J’ai découvert de nouveaux aventuriers, je leur ai inculqué mon savoir-faire, transmis mon énergie dans les épreuves, et il y a les victoires en individuel. Quand on est face à Denis, on ne dit pas un mot et c’est impressionnant. On veut tous aller le plus loin et être l’ultime survivant. Mais être sélectionné pour Koh-Lanta, c’est déjà énorme. Il faut en profiter et garder le maximum de bonnes choses.

"Je suis toujours prêt à y aller"

Quel est ton meilleur souvenir cette saison ? Et ton pire souvenir ?

Le pire, c’est forcément les deux colliers. Je ne pense pas qu’il y ait eu pire cette saison. En ce qui concerne les bons moments, il y en a eu pas mal. Mais au-dessus des autres, je retiens mon escapade sur le marché avec Sam. J’étais un peu comme au pays, c’était magique.

Tu serais prêt à participer à l’émission une 5e fois ?

Je suis piqué. Donc je suis toujours prêt à y aller. Je ne dirais pas non à Koh-Lanta.

Par Abdallah Soidri, publié le 07/05/2020