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La danse, une discipline "non essentielle" : mais comment les athlètes le vivent-ils ?

Publié le

par Ana Corderot

De gauche à droite : Lucye Molangi-Likote (© Yasmine Rimi), Valentin Beaufils (© Loic Rodrigues), Mariana Benenge (© Mariana Benenge)

On a discuté avec Mariana Benenge, Valentin Beaufils et Lucye Molangi-Likote au sujet de leur rapport à l’actualité.

Un an après le début de la pandémie, le monde de la culture et ses acteur·rice·s commencent à se remettre doucement en marche. À l’heure où les disciplines hybrides, mêlant sport et art, comme la danse, sont considérées comme "non essentielles", nous nous sommes penchés sur le ressenti actuel de certain·e·s danseur·se·s professionnel·le·s. Indépendant·e·s, issu·e·s de la ballroom ou de formations académiques, on s’est demandé où ils et elles en étaient.

Malmené·e·s par les restrictions ou dans l’impossibilité de se regrouper, d’exercer au sein des écoles de danse fermées, face aux scènes et au public absent, les danseur·se·s sont forcé·e·s de trouver leurs propres issues de secours. Du contemporain au voguing, en passant par le waacking ou la danse en talons, tous les domaines ont été affectés.

On a rencontré les personnes qui constituent et font vivre le monde de la danse d’aujourd’hui. Celles dont les corps en mouvement brillent et vibrent au son des applaudissements sur scène, dont l’énergie et l’effervescence nous émeuvent et nous entraînent inlassablement. On a alors demandé à Mariana Benenge, Valentin Beaufils et Lucye Molangi-Likote de nous livrer leur sentiment vis-à-vis de l’actualité et de nous dire comment celle-ci a eu des conséquences sur leur discipline ou leur créativité. De façon unanime, deux mots sont restés : "Plus jamais."

Mariana Benenge

Konbini sports ⎪ Peux-tu te présenter ?

Mariana ⎪ Je m’appelle Mariana Benenge je suis originaire du Congo. Je suis danseuse, je fais partie d’une house qui s’appelle Revlon, je suis également hôte et styliste pour ma marque de vêtement baptisée Tantine de Paris. Disons que je suis une artiste 360, j’aime toucher à tout.

Quels styles de danse pratiques-tu ?

Je fais plein de choses. Petite, j’ai commencé par la danse traditionnelle congolaise, puis j’ai fait du hip-hop, du krump, du voguing. Le style que je pratique le plus en ce moment reste le waacking. C’est une danse qui a été créée dans les années 1970, à Los Angeles, dans la communauté LGBTQI+, noire et latino. C’est une danse qui prône le "love yourself". On y trouve de l'acting, en majorité des mouvements de bras. C'est un monde de paillettes, où chacun est libre de raconter son histoire. C’est, selon moi, une danse qui me représente dans ce qu’elle a de plus libéré.

D’où t’est venue cette envie de danser et d’en faire ton métier ?

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être danseuse. À l’époque, ce n’était pas un métier valorisé par la famille ni par la société congolaise. Seulement, j’ai constamment eu la danse au fond et autour de moi. Chaque étape de ma vie est constituée de découvertes. Du waacking à la ballroom, ces expériences ont vraiment concrétisé ma volonté d’en faire mon métier.

Comment te sens-tu en ce moment ?

Comme tout le monde, j’ai des hauts et des bas. Après, je suis d’une nature très positive. C’est un avantage comme un inconvénient, parce que je passe très vite sur les choses. Même si plein d’événements ont été annulés, cela ne m’a pas atteinte car j’avais beaucoup d’objectifs personnels : mes entraînements de danseuse, ma collection de vêtements. Puis, en ce moment, ma vie repart à cent à l’heure.

"En ce moment, j’ai l’impression de tourner en rond, j’ai besoin de rallumer ma flamme, de retrouver mes racines."

Au vu de ce qui se passe actuellement, qu’en est-il de ta créativité ?

Ma créativité a baissé de manière conséquente. C’était vraiment compliqué. Dorénavant, avec les réseaux sociaux, on s’influence tou·te·s et c’est d’autant plus difficile de trouver sa voie. D’ordinaire, je puise mon inspiration dans les voyages, les soirées. En ce moment, j’ai l’impression de tourner en rond, j’ai besoin de rallumer ma flamme, de retrouver mes racines. C’est d’ailleurs pour cela que je repars au Congo, afin de retrouver mon essence et ma créativité.

On a catégorisé la danse comme "non essentielle". Pour toi, qu’est-ce qu’elle signifie, dans ce qu’elle a de plus beau ?

Cette histoire de "non essentielle" m’a énormément touchée. Au Congo, la danse circule sans cesse, on sait que l’art permet de créer. Pour moi, la danse est une thérapie et c’est le cas pour beaucoup de gens. Je vois ça dans mes cours. Parfois, je vois les gens sortir en pleurs ou joyeux. Ces émotions aussi puissantes ne sont pas atteignables sans la danse ni l’art en général.

"Le langage du corps, il n’y a rien de plus sincère."

Qu’est-ce qu’elle t’apporte ?

Au quotidien, la danse m’apporte de la joie. Ça me fait du bien et ça me permet de prendre confiance en moi. Elle me permet aussi d’extérioriser, de laisser s’exprimer mon corps. Le langage du corps, il n’y a rien de plus sincère.

Comment as-tu géré le fait de ne pas véritablement pouvoir se regrouper ?

Le premier confinement, ça allait, car c’était tout nouveau pour nous. Seulement, lorsque l’on a vu la réalité, ça a été difficile. On a essayé de se retrouver, de se voir dans des parcs avec ma house, mais étant donné que le voguing se vie sur une scène avec la communauté, il manquait vraiment cette effervescence de la scène, des tenues…

Vous soutenez-vous en tant que danseur·se·s ?

Oui, beaucoup, notamment avec mon groupe de filles. Dans les projets de chacune, on va continuellement se pousser vers le haut. Si on voit des aspects négatifs on n’hésite pas à se le dire, à s’en parler pour évoluer. Puis grâce à Instagram, je me sens aussi soutenue par ma communauté dans le waacking ou dans le voguing.

Penses-tu que tes chorégraphies s’imprègnent de ton ressenti actuel ?

Oui, vraiment. Dans ma danse, j'essaie au maximum de gérer les émotions par la respiration mais, que je le veuille ou non, elles s’échappent. De toute façon, lorsque l’on danse avec le cœur, c’est impossible de se mentir à soi-même, ça ressortira d’une manière ou d’une autre.

Ton dernier souvenir de danse avant la pandémie ?

Je dirais en Allemagne, en juillet 2020, lors d’un battle de danse. La musique était en live. Je pense que c’est le battle où je me suis sentie le plus libre – j’ai tellement pleuré à la fin. J’étais si heureuse de rencontrer des danseur·se·s du monde entier. C’était magique.

Qu’est-ce qui te manque le plus ?

Les soirées je pense, les clubs. Un club rempli et l’énergie qui s’en dégage, où l’on peut danser et tout oublier.

Comment envisages-tu l’avenir, comment voudrais-tu qu’il soit ?

C’est sûr que je vois un avenir radieux. J’envisage surtout un avenir où les gens se rappelleront à quel point la culture est essentielle. Qu’il ne faudra plus jamais fermer les théâtres, les événements, les lieux de vies, car c’est ce qui permet à la société de tenir. C’est l’expression, le divertissement. Je m’imagine être heureuse à apporter et à révolutionner quelque chose dans la danse.

Valentin Beaufils

Konbini sports ⎪ Peux-tu te présenter ?

Valentin ⎪ Je m’appelle Valentin Beaufils et j’ai 25 ans. Dans ma house baptisée Ladurée, je m’appelle Lixy, en référence au nom de jeune fille de ma mère. Je suis danseur pluridisciplinaire et professionnel. J’ai des diplômes d’État en jazz et contemporain. Je suis spécialisé dans la danse commerciale, à savoir la danse urbaine que l’on peut retrouver chez des artistes musicaux, mais également dans la danse en talons [le heels, ndlr] et le voguing en intégrant la ballroom.

D’où t’est venue cette envie de danser et d’en faire ton métier ?

Assez tard. J’ai commencé à 19 ans en prenant des cours de hip-hop à l’école municipale de Clermont-Ferrand, la ville d’où je suis originaire. En parallèle de mes cours de danse, je suivais un BTS en communication, mais j’ai très vite pris conscience que je n’aspirais pas à une vie de bureau. C’est pourquoi, à 21 ans, je suis monté à Paris pour intégrer l’Académie internationale de la danse. C’était un peu une école à la Un, dos, tres, où j’ai découvert le contemporain, le jazz, le classique, le chant, le théâtre… J’en suis tombé littéralement amoureux.

Comment te sens-tu en ce moment ?

Il y a vraiment deux sons de cloches. Je suis à la fois touché par tout ce qu’il se passe mais, à côté de ça, je fais partie de ceux qui travaillent activement. Même si 2020 a été assez calme, je ne peux pas trop me plaindre car, lorsque je vois mes ami·e·s qui ne travaillent pas ou perdent leur intermittence, cela me montre à quel point la situation est compliquée.

Au vu de ce qui se passe actuellement, qu’en est-il de ta créativité ?

C’est une très bonne question. Disons que mon ressenti dans mon travail de danseur est un peu divisé. J’ai ma partie très "paillettes", pleine d’extravagance, et la partie plutôt sensible et intime où, effectivement, j’utilise beaucoup les maux de ma vie afin de créer un lieu cathartique. J’étais si frustré de ne pas pouvoir prendre de cours et j’avais la sensation que mon art s’éteignait petit à petit. Au lieu de me morfondre, j’ai puisé là-dedans pour en faire quelque chose de fort.

"Tout le chemin que j’ai parcouru, dans ma construction sociale, de genre, de sexualité, je le dois à la danse."

On a catégorisé la danse comme "non essentielle". Pour toi, qu’est-ce qu’elle signifie, dans ce qu’elle a de plus beau ?

Cette idée d’art non essentiel m’a rendu fou. Je me suis senti tellement délaissé par les institutions françaises. La culture, les arts du spectacle, c’est essentiel, point. Lorsque l’on va au théâtre, à un concert, à un ballet de danse, à un ball, ça nous rend ultra-vivant. Enlevons tout ça, il restera quoi ?

Pour moi, la danse est l’une des rares catégories où je ne ressens quasiment rien de négatif. Très honnêtement, si j’arrête la danse, je pense que je me laisse mourir. Elle m’a tellement aidé pour accepter mon identité. Tout le chemin que j’ai parcouru, dans ma construction sociale, de genre, de sexualité, je le dois à la danse.       

Dirais-tu que la danse a le don de soigner ?

Oui, je suis 100 % partisan de cette théorie. La danse m’a soigné sur beaucoup de points. Je parle forcément plus de santé mentale. Qu’importe ton placement vis-à-vis du ou de la danseur·se, si c’est toi qui danses ou que tu vas le ou la voir, c’est quelque chose qui va te rendre heureux·se.

As-tu réalisé une chorégraphie qui décrirait ton ressenti actuel ?

La chorégraphie que j’ai effectuée dernièrement sur FKA Twigs est clairement inspirée de mes ressentis actuels, de mes chagrins personnels, amicaux ou amoureux, d’ailleurs. Cette vidéo a regroupé plusieurs types de mal-être. L’ambiance anxiogène que l’on traverse tou·te·s et la nécessité de faire quelque chose pour ôter cette anxiété. Finalement, c’est de toutes ces émotions qu’est née cette danse.

Ton dernier souvenir de danse avant la pandémie ?

Le Zénith de Paris avec Aya Nakamura, où je faisais partie de la troupe de danseur·se·s, c’était magique.

Qu’est-ce qui te manque le plus ?

Le partage et la scène. Il y a vraiment quelque chose d’inouï dans le fait de se retrouver avec des milliers de personnes dans une salle – elles te remplissent d’énergie. L’univers de la ballroom me manque énormément aussi. Il y a quelque chose d’unique, c’est bouillonnant, tu en prends plein la vue et tu es entouré d’humains complètement extraordinaires.

Comment envisages-tu l’avenir, comment voudrais-tu qu’il soit ?

De façon utopique, j’aimerais que la culture reprenne de l’élan. J’aimerais utiliser mes expériences grâce à la pandémie pour continuer à créer des choses, me connecter avec des gens, utiliser le digital de façon positive, danser un maximum et, pourquoi pas, essayer de continuer à me spécialiser dans la direction artistique. Je ne sais pas du tout où j’en serai dans deux ans, donc j’ai hâte de voir comment on va pouvoir rendre l’avenir positif.

Un dernier mot pour la fin ?

Je tiens seulement à vous remercier d’avoir partagé ma voix à travers cette interview. D’ordinaire, en tant que danseur·se·s, nous ne sommes pas ou trop peu représenté·e·s dans les médias sportifs, surtout les artistes queers. La danse ne s’arrête pas aux danses conventionnelles et ce que je fais s’apparente également au sport. Ce n’est pas que de la passion, du tourment, c’est aussi très physique. Ça fait mal, c’est énormément de concessions. Alors oui, on a véritablement notre place.

Lucye Molangi-Likote

Konbini sports ⎪ Peux-tu te présenter ?

Lucye Je m’appelle Lucye, mon nom de scène est Likotine (ou Likotine gambade). J’ai 27 ans, je suis danseuse hip-hop et contemporain. Je suis actuellement une formation pluridisciplinaire au CFD [centre de formation danse de Cergy, ndlr] qui me forme aux danses hip-hop, au funk style, au waacking, popping et toutes les danses conventionnelles : contemporain, jazz, classique.

D’où t’est venue cette envie de danser et d’en faire ton métier ?

J’ai véritablement commencé la danse au lycée, en seconde. J’ai fait de la danse sur scène un peu partout en France et c’est de là que m’est venue cette passion. J’étais consciente, à l’époque, que je ne pouvais pas en vivre, je ne savais même pas que je pouvais en vivre d’ailleurs [rires], mais je savais au fond que ça allait me suivre toute ma vie.

Comment te sens-tu en ce moment ?

Beaucoup d’anxiété du fait de ne pas savoir ce qu’il se passera ensuite, de vivre au jour le jour. D’ordinaire, c’est déjà très compliqué à l’ère des réseaux sociaux mais, combiné à l’anxiété actuelle, c’est d’autant plus difficile. En mars 2020, c’était cool de suivre les cours par Zoom, mais aujourd’hui, ça m’angoisse. Avec ce qu’il se passe, c’est comme si on fanait petit à petit et, là, je suis dans la phase où il ne me reste que quelques fleurs.

"Avec ce qu’il se passe, c’est comme si on fanait petit à petit"

Au vu de la situation actuelle, qu’en est-il de ta créativité ?

En tant que danseuse et petite chorégraphe, je puise mon inspiration dans les personnes que je croise ou rencontre dans la rue, dans leurs visages sans masque, dans leurs réactions, dans leurs émotions, dans la manière dont ils bougent. J’ai besoin de ça pour ma création, pour transmettre ces ressentis dans ma danse. C’est compliqué de capter toutes les émotions aujourd’hui.

On a catégorisé la danse comme "non essentielle". Pour toi, qu’est-ce qu’elle signifie, dans ce qu’elle a de plus beau ?

Selon moi, c’est de l’oxygène et le corollaire de l’oxygène, c’est d’être essentiel. Le fait que l’on considère cela comme non essentiel m’est juste insupportable. Lorsque l’on compare les situations, je trouve qu’il y a tellement d’incohérences. J’ai l’impression que l’on enlève au monde l’oxygène dont il a besoin.

Dirais-tu que la danse a le don de soigner ?

Je dirai que le don de la danse, c’est le partage. C’est assez gnangnan, mais cela se conçoit selon moi comme le partage du mouvement. Nul besoin de parler lorsque j’exprime à travers mon corps, je peux transmettre une émotion. Peut-être que cette émotion fera un miroir avec la personne, peut-être que la personne qui me verra viendra danser avec moi.

Arrives-tu à danser ?

Cela dépend des jours. Je peux danser chez moi, mais ça n’a rien à voir. J’ai besoin d’une salle, d’un lieu commun, d’espace. Même quand on essaie de s’approprier l’espace qui n’est pas occupé par les riverains, il y a toujours une forme de répression.

Vous soutenez-vous en tant que danseur·se·s ?

Mine de rien, on se soutient énormément, je cherchais une salle pour m’entraîner lors du confinement de manière un peu officieuse, mais j’ai eu énormément de réponses, venant parfois de personnes que je ne connaissais pas. Cette solidarité nous prouve qu’il reste encore des choses qui nous unissent.

Penses-tu que tes chorégraphies s’imprègnent de ton ressenti actuel ?

Oui, certainement. Même si c’est un flux d’émotions éparses, je pense qu’effectivement, le rapport à l’actualité a joué. Dans une de mes chorégraphies, on retrouve des mouvements très saccadés. C’était lié à ce je ressentais à l’intérieur, je reprenais le fait que l’on était enfermé·e·s chez nous avec, forcément, cette contrainte d’espace.

Ton dernier souvenir de danse avant la pandémie ?

Autour du 8 février 2020, j’ai pu voir deux spectacles qui m’ont littéralement tabassé l’esprit : celui de la compagnie que j’ai intégré, qui s’appelle "Qui est le malade" et un spectacle de Mehdi Kerkouche. Il y mêlait sa culture orientale et maghrébine avec un univers contemporain et hip-hop. Si j’avais su que, après ça, on ne pourrait plus voir de spectacles, je serais restée au premier rang.

"La scène, pour moi, c’est une aura"

Qu’est-ce qui te manque le plus ?

Voir des spectacles et être sur scène. On a le droit de répéter mais le jour de la représentation, il n’y a pas de spectateurs, tu es en live. C’est une répète filmée, donc il n’y a pas véritablement d’adrénaline, ni ce côté "je te balance mon émotion tu la prends ou pas". La scène, pour moi, c’est une aura qu’on te partage et que tu interceptes.

Comment envisages-tu l’avenir, comment voudrais-tu qu’il soit ?

C’est certainement utopique, mais j’aimerais que l’on revalorise notre métier, notre statut de danseur·se, d’artiste. Je sens qu’on se trouve sous une soupape et que lorsque l’on va pouvoir ressortir sans masque, sans jauge et danser, les gens vont demander à mort de danse. Des soirées, des clubs, des spectacles, donc j’aimerais bien que dans cet élan-là de générosité artistique et d’envie, on se dise : "Ah oui ils et elles sont hyper importants, on a besoin de ça."

Un dernier mot pour la fin ?

Je suis entrée dans une compagnie professionnelle qui s’appelle Sans tabous, qui fait de la danse-théâtre. Je crois beaucoup en ce projet, je pense qu’il va faire du bien aux gens, ils et elles auront envie de venir sur scène et de se vider avec nous.

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