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"J’aurais dû mettre le maillot du Bayern dans Bande organisée" : on a discuté avec Naps

Publié le

par Roch Serpagli

© Fifou

Entretien avec celui qui a fait danser toute la France en direct du Vélodrome en compagnie de sa bande organisée.

Maillots et survêtements du club de sa ville mais aussi des plus grosses écuries européennes, Ligue des champions de 1993 dans le cœur et entrée au Vélodrome avec la complicité des stewards : Naps nous raconte les histoires de foot d’un minot des années 2000. Les mains faites pour l’or et les pieds pour taper le ballon avec les collègues.

Konbini sports ⎜ L’avantage avec les Marseillais, c’est qu’on n’a même pas besoin de leur demander leur club de cœur…

Naps ⎜ Ouais, c’est l’OM, bien sûr. En deuxième, c’est le Real Madrid, surtout pour Zizou mais aussi pour son histoire.

Quels sont tes premiers souvenirs de l’OM ? Tu étais un peu petit pour te souvenir de la victoire en Ligue des champions en 1993 [il est né en 1991, ndlr]…

J’étais très jeune, mais c’est quand même gravé en moi : je crois que j’ai une carte mémoire dans le cerveau [rires]. C’est comme si j’y étais, mais en vrai, mon premier grand souvenir, c’est quand je suis allé au stade Vélodrome pour la première fois, en virage. L’ambiance était impressionnante.

Tu avais quel âge la première fois que tu es allé au stade ?

J’y suis allé tard. Je crois que j’avais 15 ans pour mon premier match. On y allait avec des collègues. On essayait de passer entre les supporters et, en général, à la fin, ils nous laissaient passer.

"La référence, c’est Mohamed Ali"

Ça rentrait un peu en force ?

Non, pas en force, les vigiles étaient cool. À la fin, ils faisaient exprès de ne pas voir qu’on rentrait. Pour mes premiers matches au Vélodrome, c’était toujours comme ça, obligé. Je ne me souviens même plus des joueurs qu’on avait ni de l’équipe qu’on affrontait pour mon premier match, mais je me souviens qu’on avait perdu 2-1. Je me souviens aussi de la grosse ambiance. On est un peu nostalgiques de ces ambiances-là depuis que tout s’est arrêté. Ça fait bizarre, mais bon.

Tu as joué un peu au foot quand tu étais petit ?

Je jouais au quartier, bien sûr, mais j’étais plus dans la boxe. Je faisais de vrais entraînements. Encore aujourd’hui, quand il y a des gros combats, je me lève à 4 heures du matin pour les regarder. C’est vraiment quelque chose que j’aime beaucoup, c’est le noble art, comme on l’appelle.

Quels sont les boxeurs que tu aimes suivre ?

Actuellement, j’aime bien Anthony Joshua, Manny Pacquiao et surtout [il cherche le nom, ndlr]… Celui qui est rasé, un peu gros… Tyson Fury ! Lui, je l’aime bien. Il y avait aussi Mayweather, bien sûr, même s’il est à la retraite maintenant. Après, à l’ancienne, j’aimais bien Naseem Hamed, Mike Tyson… mais la référence, en vrai, c’est Mohamed Ali. Il n’y en a pas eu un autre comme lui depuis. J’ai regardé tous ses combats et même ses interviews parce qu’il disait des vrais trucs. Il est inspirant.

Pour revenir au foot, toi, tu viens d’un quartier qui s’appelle Air Bel, où il y a une institution locale, le SC Air Bel. Tu as des liens avec eux ?

On connaît le président depuis qu’on est petits, c’est un grand de notre quartier. Aujourd’hui, c’est le meilleur club formateur sur Marseille, ça tue. On les soutient, obligé.

Quelque chose m’intrigue dans le clip de "Bande organisée" : pourquoi portes-tu un maillot de la Juve ?

C’était pour Cristiano Ronaldo que je le portais. Il faut savoir que ce jour-là, je ne devais pas tourner de clip mais on m’a pris par surprise et j’avais ce maillot-là. Quand j’y réfléchis, je me dis que j’aurais dû au moins mettre celui du Bayern [le clip est sorti pendant le Final 8 de la Ligue des champions, remporté par les Munichois, ndlr].

Tu parles souvent des survêt' de foot qui sont très populaires dans les quartiers, mais on a l’impression qu’ils le sont encore plus à Marseille. Tu as une explication ?

Je pense que, déjà, on aime beaucoup le foot à Marseille, mais c’est vrai que la mode des survêt' est partie de là et ça a conquis toute la France. On aime bien être à l’aise aussi. Les jeans, ça rend fou. Puis il faut toujours être prêt à courir. Ça permet aussi de s’identifier aux joueurs de foot, c’est un rêve de gosse.

Dans "La Kiffance", tu dis : "À la Ribéry, j’mange des entrecôtes à mille cinq." C’est ton pote, tu l’as connu comment ?

La connexion s’est faite sur Instagram où on a commencé à parler. Un jour, il m’a invité au stade du Bayern pour voir un match et, ce jour-là, il jouait contre le Real de Cristiano Ronaldo. Je crois que c’était un quart de finale de Ligue des champions. J’aime le Real mais, ce jour-là, j’étais pour Ribéry quand même.

Ton album s’appelle Les mains faites pour l’or, en référence à une réplique de Scarface. Pour toi, quel joueur a des pieds faits pour l’or qui sont encore dans la m*rde ?

Je ne sais pas, on ne peut pas savoir. Ça doit être un joueur encore en centre de formation. Pour moi, tous les joueurs qui ont percé ont les pieds faits pour l’or. Celui qui les a le plus, c’est Ronaldo, comme je le dis dans le refrain de "Monaco" : "Les mains faites pour l’or comme Ronaldo."

Dans "Mek du binks", tu parles des parties de FIFA. Tu as encore du temps pour jouer à la console ?

Quand c’est la promo, je n’ai pas trop le temps, mais sinon oui. Dans l’équipe de "Bande organisée", il y a vraiment du niveau. Je ne pourrais pas te dire qui est le plus fort, ça dépend des moments, mais le J a vraiment du niveau.

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