Hervé Mathoux veut vous réconcilier avec le foot dans son documentaire diffusé ce dimanche

"Le parcours de quelqu'un qui doute puis à la fin qui assume d'aimer le foot."

De l’opéra Comique au Brésil, de Cambridge à Séville, Hervé Mathoux a parcouru le globe et rencontré des amoureux du football qu’on entend rarement parler de ce sport pour répondre à une question : mais pourquoi diable se passionne-t-on toujours autant pour le ballon rond, malgré le "foot business" ou les désillusions sportives ? Des comédiens comme Denis Podalydès, des auteurs comme Olivier Guez, des sociologues, des historiens ou encore des supporters répondent au journaliste de Canal+ dans "Ce n’est pas grave d’aimer le football", diffusé ce dimanche sur Canal+. 

Un documentaire réalisé "surtout pour les gens qui aiment bien le foot, sans savoir exactement pourquoi, sans comprendre ce qui se joue dans cet amour du foot", comme nous a confié Hervé Mathoux, réconcilié définitivement avec le ballon.

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Vous aviez un doute sur votre amour du football pour être amené à faire ce documentaire ?

Hervé Mathoux ⎜ C’est comme ça que c’est présenté, et c’est la vérité, mais c’est exagéré dans le doc. Je pense qu’on ne peut pas s’intéresser au football sans être traversé de questions : le foot est montré du doigt, parfois on a l’impression qu’il le mérite, et quand on est confronté à ce que le foot génère, on se demande : "Est-ce que c’est ça le foot que j’ai aimé ?" Et quand on travaille dedans, on prend de la distance avec l’émotion. Effectivement, j’ai été amené à me dire "est-ce que je l’aime encore, est-ce qu’il vaut la peine que je l’aime ?" Je me suis demandé pourquoi cette "mariée pas belle du tout" continue de séduire plein de gens, et des gens très intelligents, donc je me suis dit que ça serait intéressant d’aller leur demander à eux, pour savoir s’ils ont des doutes aussi. 

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Avez-vous été surpris de certains récits que vous avez recueillis ? 

Heureusement que j’ai été surpris quand même ! Quand on tend son micro à des joueurs de foot, on est rarement surpris, là le but c’était de l’être. Je savais déjà, car je lis des choses, qu’il y a des gens intelligents qui parlent de foot. Je vois aussi autour de moi qu’aimer le foot n’est pas contradictoire avec l’intelligence. L’idée, c’était d’aller voir des gens qui avaient consacré une partie de leurs travaux ou de leurs réflexions au foot. Il fallait avoir des interlocuteurs pertinents, et que ça ne soit pas une thèse universitaire, que ça soit sympa, agréable à regarder. 

Quelle rencontre vous a le plus touché ? 

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Franchement, toutes les rencontres m’ont touché, j’ai été frappé par la gentillesse des gens, et surtout d’abord leur normalité. Les rapports dans le foot sont très spéciaux, là je suis tombé sur des gens enthousiastes à l’idée de me rencontrer et de parler de cette problématique, des gens qui répondent au téléphone, qui sont accueillants, qui donnent rendez-vous et viennent. Autant leur discours que leur humanité ont construit cette réhabilitation du foot en moi. Le documentaire est le parcours de quelqu’un qui doute puis à la fin qui assume d’aimer le foot. 

Quel est votre meilleur souvenir du tournage ? 

Un souvenir fort, l’air de rien, c’était d’être au stade Sánchez Pizjuán à Séville. Honnêtement, je ne pensais pas qu’être là allait me troubler à ce point. Je me suis revu jeune ado regardant ce match : Schumacher qui percute Battiston, Bossis qui loupe son péno… L’émotion était assez forte, et je l’ai d’ailleurs partagée avec mon cameraman, "Mickey", le fils de Philippe Mahut, un ancien joueur de l’Équipe de France qui était de l’aventure en 82.

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Aujourd’hui, aimez-vous encore plus le foot qu’avant le tournage ?

Cela m’a décomplexé, m’a permis de plus l’assumer, et surtout j’espère que ça va faire du bien à plein de gens d’entendre parler de foot comme cela, d’entendre ce qu’on sent qu’on aimerait dire et qu’on n’arrive pas à dire. 

"Ce n’est pas grave d’aimer le football", diffusé ce dimanche 19 janvier, à 21h sur Canal+. 

Par Lucie Bacon, publié le 17/01/2020