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Comment le parkour se mobilise pour l’écologie

Publié le

par Tess Birkedal Hartmann

© Etienne Boulanger for Unsplash

Avec l’opération Lights Off, les pratiquants de parkour sensibilisent le public à l’écologie.

Dans les rues parisiennes, Kevin, Arnaud, Hugo et Lionel se sont donné pour mission d’éteindre un maximum d’enseignes lumineuses que les commerçants laissent allumées durant la nuit. Membres du jeune collectif On the Spot, ils font vivre l’opération Lights Off, qui consiste à lier le parkour à la réduction de l’empreinte écologique.

L’idée d’associer le parkour à l’écologie a débuté avec le Wizzy Gang, un autre collectif du sud-est de la France : l’opération Lights Off consistait alors à alerter sur la surconsommation inutile d’électricité et n’était pas à l’origine issue de gens pratiquant le parkour.

Depuis, le collectif On the Spot a décidé de rejoindre le mouvement afin de lutter contre cette pollution lumineuse. Les interrupteurs des enseignes de magasins sont normalement hors de portée pour une personne lambda. Grâce à la dextérité qu’apporte le parkour, ils ne veulent pas faire culpabiliser les commerçants mais juste alerter sur la facilité de réduire son empreinte écologique. Les actions sont plutôt bien perçues par le public et les commerçants, car elles ne dégradent rien et les responsables des magasins peuvent facilement rallumer leurs enseignes depuis l’intérieur de la boutique.

"Éteignez vos lumières quand elles ne servent plus, sinon c’est nous qui viendrons le faire pour vous." La semaine dernière, le collectif a tourné une vidéo, telle une "opération coup de poing", qui prend place à Châtelet et sur les Champs-Élysées à Paris. Mais alors, comment les autorités réagissent-elles face à ces actions ? Kevin, l’un des membres du collectif, répond à notre question :

"Franchement, on a été surpris de la réaction des forces de l’ordre. Dans le bon sens. Déjà en cette période de couvre-feu, être dans les rues la nuit, c’est illégal sans attestation. À Châtelet par exemple, lorsque l’on éteignait les spots, une policière est sortie de sa camionnette et est venue nous voir : 'Ah c’est vous qui éteignez les lumières ? C’est génial !' Puis elle et ses collègues nous ont demandé de faire une démo de saltos arrière. Sur les Champs, d’autres officiers de police nous ont demandé nos attestations, mais ils nous ont laissés faire. Une bonne surprise."

La vidéo de leurs extinctions atteint presque les 100 000 vues sur Dailymotion. Cet engouement stimule le collectif On the Spot, qui continue ses actions nocturnes dans Paris. Oiseaux de nuit et transgresseurs de couvre-feu (ou bientôt de confinement ?), restez attentifs, vous croiserez sûrement des acrobates écologistes dans la pénombre parisienne.