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Classico organisé : JuL réconcilie la capitale et Marseille (bébé) grâce au foot

Publié le

par Roch Serpagli

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En invitant Parisiens et Marseillais dans son projet, JuL poursuit ses travaux de constructeur de ponts entre foot et rap.

Un an et quelques jours après le braquage de 13’Organisé, dans lequel JuL rassemblait une grosse partie de la scène marseillaise, L’Ovni a remis le couvert. Et cette fois, il a invité quelques collègues parisiens pour une rencontre au sommet : Le Classico organisé. Et qui dit classico dit, bien sûr, Paris contre Marseille. Les 157 artistes du projet se sont lâchés sur les références footballistiques. Chacun a défendu son camp – même si quelques Parisiens supportent l’OM, l’inverse est certainement impossible.

Des références à gogo

On a commencé par citer les légendes des deux côtés : Ribéry pour son sang chaud par Kofs, Papin (Soso Maness), Drogba (MOH, ICE), Boli, Waddle (Don Choa de la Fonky Family), Cantona, le Marseillais à vie malgré ses échecs à l’OM (Le RR), mais aussi Zenden, loué pour son lissage de cheveux par Zgig côté olympien. Une flopée de mecs à l’aise balle au pied, comme Ginola, Ronnie, Zlatan, Okocha et même Vikash Dhorasoo (qui a marqué son seul but en bleu et rouge en finale de Coupe de France contre les rivaux) sont convoqués côté parisien.

Mais c’est l’arrivée en fanfare de Messi dans la Ligue des talents qui a le plus inspiré les artistes. Hös Copperfield se vante d’avoir Mbappé, Neymar et Messi, GLK dit quelque chose de très parisien ("Y’en a marre de Neymar, on a ramené Messi") et Nahir a des idées plutôt saugrenues : "Paris, c’est pas le Barça, dans le 9-3 on peut racketter Messi." Enfin, on ne sait pas si Hornet parle de Messi ou de Sergio Ramos quand il dit "Nasser sort une kichta puis rachète le capitaine" puisque rappelons que les deux font aujourd’hui partie de la Ligue des talents.

"On gère les affaires comme Nasser"

Le président parisien a également droit à une autre rime ("On gère les affaires comme Nasser"), preuve qu’il occupe une certaine place dans l’imaginaire collectif. Hakimi est également rapidement évoqué par Hornet La Frappe, qui partage les mêmes origines maghrébines : on parie que si le Marocain s’impose au PSG, son nom reviendra dans beaucoup de rimes.

Du côté marseillais, on va surtout louer la fidélité de Mandanda (JuL, "L’Élégance"), saluer les minots comme Bouba Kamara (Tino La Famille, "Oh mama") et la chaleur du nouveau coach Sampaoli. Au-delà des joueurs, c’est le club, la ville et la ferveur qu’on aime célébrer, voire un style de vie, comme quand Soso évoque son survêt' de l’OM ou JuL son maillot du Brésil floqué du 13 de son département.

Le classico de la collaboration

Alors qu’avec le titre du projet et le récent regain de rivalité entre les clubs, on aurait pu penser que ça allait se chambrer à chaque coin de rime, il n’en est rien. Des messages d’amour, qui doivent d'ailleurs faire froncer les sourcils de quelques ultras des deux côtés, sont balancés : "Parc des Princes Vélodrome, on est ensemble y’a R" (Hös Copperfield). PLK nous apprend même qu’ils ont le double de clés des deux stades dans "Le Classico organisé". Quant à JuL, à l’aise sur la pelouse du Vélodrome dans le match amical qu’il a joué au profit de l’Unicef, on n’a pas de doute sur le fait qu’il possède ce double.

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Seul Le RR semble envoyer une pique aux Parisiens en faisant référence à "la coupe aux grandes oreilles", la fameuse ligne au palmarès marseillais manquant au club de la capitale.

Nostalgie des années 1990-2000

Évidemment, Parisiens et Marseillais ne sont pas les seuls membres du milieu du foot cités dans des morceaux. Au cours des 30 titres du projet, on peut donc croiser aléatoirement Cristiano Ronaldo, Karim Benzema, Zizou, l’agent Mino Raiola, Paulo Dybala, N’Golo Kanté, Paul Pogba, Riyad Mahrez ou encore Robert Lewandowski. Vous l’aurez compris, un casting digne d’une soirée de remise du Ballon d’or.

Les différentes générations présentes sur le projet permettent d’élargir la temporalité des références : on l’a vu avec les légendes citées, mais pas que… Le Rat Luciano rechausse la mythique paire de Copa dans "Loi de la calle". Kaaris évoque les addictions de Maradona et "la Joga Bonito [sic]" comme au cœur des années 1990-2000. Beckham, Luca Toni et Gabriel Batistuta sont cités comme s’ils jouaient encore, et Soso Maness en appelle même à la nostalgie des Marseillais en nous remémorant la performance XXL de Drogba en demi-finale de coupe de l’UEFA 2003-2004.

"Les Galactiques", Di Meco et rimes travaillées

Puis il y a le morceau "Les Galactiques", dont le casting pèse quelques millions de ventes (JuL, Kaaris, Gims, Rohff, Naps, Alonzo et Soso Maness), qui fait référence au Real Madrid qui accumulait les stars au début des années 2000. Zidane, Ronaldo, Figo, Beckham, Raul et Roberto Carlos faisaient partie de l’aventure.

On ne sait pas si des vraies rencontres de foot sont prévues avec les rappeurs du projet, mais entre Alonzo qui "prend des cartons rouges" et Nahir qui "met des coups de crampons", on risque de revivre la grande époque d’Éric Di Meco et Patrick Colleter. Plus sérieusement, on salue parfois l’écriture, comme celle de PLK ("toujours en retrait comme si j’étais DC") ou du Rat Luciano ("au milieu du peuple comme la p*tain de copa"). Des images très parlantes, et qui changent des rimes type "sur le terrain comme [insérer le nom de n’importe quel joueur]" ou "je fume la frappe de [insérer le nom d’un joueur même s’il n’avait pas spécialement une grosse frappe de balle]".

R.E.D.K. vs Pierre Ménès

On ne pouvait pas passer à côté de quelques phrases lunaires comme celle de M.O. Bourbier, qui dit : "J’suis technique, j’ai ma place dans l’équipe à Solari." Actuellement entraîneur au Mexique, l’Argentin est surtout connu pour avoir obtenu l’un des pires bilans du Real Madrid ces dernières années et ne donne pas vraiment envie de jouer dans son équipe. À moins d’avoir confondu avec Scolari, sélectionneur du Brésil champion du monde en 2002 avec le trio Ronaldo-Rivaldo-Ronaldinho. Plus étonnant encore, ALP parle d’une fille qui… "a la coupe de Grealish". On a affaire à un fétichiste des serre-tête, donc.

On finit avec cette punchline – pas tout à fait foot, mais quand même – qui colle à l’actu médiatique : "Mon rap touche pas assez les femmes à l’inverse de Pierre Ménès." Merci R.E.D.K.

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