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Barth Ruzza : "OLTV, c'était mon destin de Gone"

Publié le

par Lucie Bacon

© OL

"L'Olympique lyonnais est une formidable raison d'être heureux", le journaliste d'OLTV nous raconte pourquoi.

Les Gones connaissent par cœur son timbre de voix, sa mèche grisonnante et son dicton indémodable : "L’Olympique lyonnais est une formidable raison d’être heureux." Barth Ruzza présente chaque soir OL Night System, émission dans laquelle il décrypte l’actu de l’OL et discute avec des fans. Une libre antenne inédite, qu’il est on ne peut plus fier d’incarner. Au passage, il nous présente OLPLAY, l’appli indispensable à tout supporter lyonnais.

Konbini sports ⎜ Peux-tu nous raconter les prémices de ton amour pour l’OL ?

Barth Ruzza ⎜ J’habitais dans les barres HLM, avenue Debourg, dans le quartier de Gerland. Du balcon, je voyais le stade. J’ai des souvenirs d’enfance vraiment très forts, même si, à l’époque, je ne comprenais pas tout. Il y avait plein de lumières, des stands de saucisses, je voyais de la fumée, ça sentait la bouffe pas très loin des tours… C’était un événement à chaque fois. Puis quand mon papa m’a emmené pour la première fois à Gerland, entre le milieu et la fin des années 1970, ça a été une vraie révélation. J’ai encore en mémoire l’odeur de la pelouse quand je suis arrivé dans le stade. Ce jour-là, mon père me donne mon premier shoot et, depuis, je n’ai jamais pu m’en passer, je suis camé.

Comment en es-tu arrivé à travailler avec le club ? C’était un rêve de gosse qui se réalisait ?

Quand j’ai bossé à Paris, à Virgin Radio ou Fun Radio, notamment, j’ai toujours revendiqué mon amour pour l’OL. J’ai encore des photos sur lesquelles je porte le maillot de l’OL en studio. Comme je revendiquais, même à Paris, mon amour pour le club, ça s’est su à Lyon. Quand la chaîne OLTV s’est montée, ils ont pensé à moi de manière naturelle, peut-être. J’ai pris ça comme une suite logique de ma vie, mais je n’y avais pas pensé une seule seconde. Je ne pouvais pas imaginer que le club ait une chaîne un jour. Finalement, c’était mon destin de Gone.

"Je ne peux pas vivre sans l’OL, je sais que c’est trop, que ce n’est pas rationnel, mais c’est comme ça"

Quand on a créé les Bad Gones avec une bande de copains, au milieu des années 1980, on faisait tous les déplacements, on vivait le club au quotidien, 24 heures/24. On se disait qu’on était des supporters professionnels, presque. J’ai eu tellement de chance que ce soit devenu un métier, je remercie la vie tous les jours, car c’est fou. Je ne peux pas vivre sans l’OL, je sais que c’est trop, que ce n’est pas rationnel, mais c’est comme ça.

Tu as tout vécu avec ce club, de la deuxième division à la Ligue des champions. Quel est ton meilleur souvenir avec l’OL ?

La montée en première division. On me parle souvent du premier titre, mais de la montée, j’ai des souvenirs fabuleux : ça faisait plusieurs années qu’on passait à côté et, une année, ça s’est bien goupillé. J’ai des souvenirs fabuleux et des souvenirs terrifiants, comme le match face au PSV Eindhoven, où on se fait voler [défaite 4-2 en 2005 au match retour en quart de finale de LDC, le fameux penalty sur Nilmar, ndlr]. On a l’équipe pour aller au bout, cette année-là, mais c’est encore un cauchemar aujourd’hui. J’ai aussi de beaux souvenirs, comme lorsqu’on roule sur le grand Real Madrid, mais c’est vrai qu’il y a des moments tragiques et des blessures pas refermées.

Et ton meilleur souvenir en tant que présentateur pour OLTV ?

J’ai été bouleversé quand Caçapa a quitté l’OL et qu’il est venu sur le plateau pour l’annoncer en direct. En régie, il y avait son bébé et sa femme, elle est rentrée avec le gamin en plateau. C’était touchant, car Caçapa est la plus belle personne que j’ai rencontrée dans ma vie. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi pur. Je souhaite à tout le monde de rencontrer quelqu’un comme lui. Ça m’avait bouleversé car on n’était pas dans le pathos, mais dans l’instant, dans l’humain, dans la sensibilité.

Peux-tu présenter OL Night System, l’émission que tu animes quotidiennement ?

OLNS, c’est plusieurs émissions en une. Il y a une partie consacrée au quotidien du club, du lundi au vendredi, puis une partie "zoom" sur une personnalité du football en France, un passionné du club ou un journaliste. Puis il y a une partie libre antenne, dont je suis vraiment fier : le club a fait preuve d’un courage exceptionnel, car ouvrir son antenne le soir, avec le risque que les supporters viennent dire que le club ne marche pas, je trouve ça formidable. Tous les gens qui regardent l’émission se rendent bien compte que ça fonctionne. Les gens imaginaient qu’on ferait un filtre au standard, mais à partir du moment où le téléspectateur est respectueux, on va discuter. En revanche, si un mec insulte un joueur sur trois générations, je le vire sans scrupule. Je pensais que ce concept allait faire un buzz énorme, mais je trouve qu’on n’en parle pas assez.

Comment prépares-tu OLNS ?

Pour la partie informations, on fait une réunion tous les jours avec les journalistes qui sont en plateau et qui me donnent les éléments que l’on va traiter. La partie "zoom", je la prépare avec Jules, mon bras droit. Enfin, pour la libre antenne, je suis très attentif à ce qui s’est raconté sur le club au cours des 24 dernières heures, puis je me laisse porter par ce que dit le téléspectateur. Je suis obligé de faire de l’impro, c’est là que je me sens le mieux. La dernière interview que j’ai faite, c’était avec Sidney Govou, j’avais préparé plein de choses et finalement, il m’a emmené complètement ailleurs, je me suis laissé porter et c’était très intéressant. La star de l’émission, c’est ce que la personne raconte.

"Ce lien entre le club et les supporters, c’est le plus important"

Peux-tu nous parler d’OLPLAY ?

C’est une application formidable qui permet aux supporters de vivre tous les programmes en direct, mais aussi de regarder un vieux match, des archives. C’est indispensable quand tu aimes l’OL. C’est fantastique pour les supporters qui sont à Lyon, mais aussi pour tous ceux qui ne peuvent pas être en contact avec le club. Ce lien entre le club et les supporters, c’est le plus important.

Qui rêves-tu de recevoir dans l’émission ?

Il y a plein de gens que j’aimerais bien recevoir : Bernard Tapie, Zlatan… Il y a aussi des gens qui ne sont pas dans le milieu du foot. Édouard Baer, par exemple, j’aimerais beaucoup.

Comment tu la vois, cette saison de l’OL ?

Je pense que l’objectif fixé en début de saison, qui était d’être dans les trois premiers, sera atteint. Maintenant, j’espère une belle surprise, c’est-à-dire faire mieux…

Tu confirmes toujours : "L’Olympique lyonnais est une formidable raison d’être heureux" ?

Toute ma vie. Tous les jours, tout le temps. C’est ma raison de vivre.

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