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Avec ce "mur du soutien", 20 000 supporters du Stade toulousain aident leur club

Publié le

par Tess Birkedal Hartmann

L’idée de ce "mur du soutien" solidaire a vu le jour lors de la crise sanitaire pour aider le club à survivre.

20 000 briques sont désormais "clouées" sur le mur du soutien du Stade toulousain, au stade Ernest-Wallon. Cette opération avait été lancée en mai 2020 par le président du Stade toulousain, Didier Lacroix, et les membres de la direction du club suite aux difficultés financières auxquelles le sport fait face depuis le début de la crise sanitaire. L’équation est simple : les dépenses ne baissent pas, mais l’argent ne rentre plus assez. L’équilibre est brisé. Didier Lacroix a donc fait appel à la solidarité :

"C’est le moment de se resserrer, de s’inscrire dans l’histoire. À votre niveau, vous contribuerez au soutien économique du stade, en participant à notre projet commun."

Le Stade toulousain demande donc de l’aide à ses supporters et s’engage en avril dernier à construire un mur de briques dans l’enceinte du stade Ernest-Wallon. À partir de 30 euros, le club réalise une brique rouge, noire ou blanche (les couleurs du club), au nom du généreux donateur. Cette brique est ensuite apposée sur un "mur" le long de l’enceinte, en symbole de l’union et de la solidarité des rouge et noir.

L’achat de briques donne droit à une réduction d’impôt et à un certificat d’authentification. Ceux qui vont jusqu’à donner 150 euros reçoivent aussi une réplique de leur brique. Chaque contributeur est averti par e-mail, une fois sa brique intégrée au mur du soutien. L’argent est recueilli par le Fonds de dotation du Stade toulousain, qui gère la formation des jeunes et toutes les actions sociales et caritatives du stade, comme l’initiation au rugby dans les quartiers de Toulouse.

En août dernier, le club avait déjà récolté 1,3 million d’euros et les premières briques avaient été posées en novembre. Aujourd’hui, 20 000 briques ont été posées et le premier mur est achevé. Le Stade toulousain a annoncé la création d’autres murs, pour pérenniser cette opération.

Didier Lacroix avait également reçu Roxana Maracineanu, la ministre des Sports, en visite fin novembre dans les installations sportives du Stade toulousain, pour parler de cette situation catastrophique pour le rugby français :

"Depuis le début de la saison, chaque week-end, tous les joueurs sont là, ils travaillent, ils produisent du spectacle et du divertissement pour la télévision, pour les téléspectateurs, et c’est ce coût-là qui n’est plus supporté par nos recettes. D’où notre interrogation et notre regard se tournant vers l’État."

Début avril 2020, un rapport de la Direction nationale d’aide et de contrôle de gestion a alerté la Ligue nationale de rugby sur la situation financière des clubs professionnels. Neuf de Top 14 et sept de Pro D2 étaient alors dans la tourmente. Les clubs de rugby vivent principalement des recettes générées par l’attractivité des stades : les partenariats, la billetterie, la buvette, la boutique… Les droits TV, qui sont les seuls à encore fonctionner pendant cette crise et ses huis clos permanents, ne représentent que 20 % des recettes d’un club de rugby. La survie des clubs est en jeu.

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