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Tout ce qu'il faut savoir sur l'Atalanta Bergame, le prochain adversaire du PSG en LDC

Publié le

par Lucie Bacon

© Instagram Atalanta

"La plus belle histoire du foot italien de ces dernières années."

Depuis que le tirage au sort de la Ligue des Champions a eu lieu et qu’on connaît le futur adversaire du PSG, les débats vont bon train : est-ce un bon tirage ? Comment une équipe qui se qualifie pour la première fois en C1 pourrait effrayer le PSG ?

Rares sont les bons arguments qui peuvent vraiment contester que ce soit un bon tirage pour le PSG, surtout à côté des mastodontes comme le Real ou le Bayern qui sont en lice. Alors, certes, il n’y a pas d’énormes stars à l’Atalanta, le coach n’est pas (encore) reconnu sur la scène européenne, mais le club de Bergame est extrêmement particulier et surtout, on ne doit pas le prendre à la légère et ça, les Parisiens l’ont sûrement déjà compris.

"Un ovni qui se pose tranquillement"

Pour mieux se rendre compte de ce qu’est l’Atalanta, on peut déjà jouer la facilité et regarder les chiffres : à 3 journées de la fin du championnat italien, elle est 2e, à 6 points de la Juventus Turin, avec 95 buts marqués, soit 23 de plus que le leader. Pour une compétition dense et solide comme la Serie A, sur le papier, ce n’est plutôt pas mal. Au tour précédent en Europe, elle est venue facilement à bout de Valence à l’aller à domicile (4-1), puis au retour, en Espagne (4-3). Pour une première qualification en Ligue des Champions, ce n’est plutôt pas mal, encore une fois… Avec toujours un nombre faramineux de buts inscrits.

Mais au-delà de ces chiffres, il faut aussi et surtout, observer la manière. Pour cela, nous avons interrogé des suiveurs assidus du club, comme Guillaume Maillard-Pacini, journaliste pour Eurosport et spécialisé dans la Serie A. Quand on lui demande si, selon lui, il ne s’agirait pas d’un "ovni" dans le monde du foot, sa réponse est sans appel :

"Un ovni, oui, mais un ovni qui ne fait pas que passer, un ovni qui se pose tranquillement. En tout cas, on peut dire que c’est la plus belle histoire du foot italien de ces dernières années. Aujourd’hui, l’Atalanta est une grande équipe d’Italie et ce n’est pas facile, car il y a déjà la Juve, l’Inter, l’AC Milan, Naples… Le club s’est fait un chemin dans tout ça, il a fini 3e la saison dernière, cette année il n’est pas loin de la Juve et une victoire contre elle [il y a 15 jours, ndlr] n’aurait pas été imméritée."

Alors comment l’Atalanta a construit cette si belle histoire ? Sur le plan institutionnel, Guillaume Maillard-Pacini nous le résume ainsi : "C’est un mélange entre un des meilleurs centres de formation d’Italie, du scouting et des achats effectués au bon moment avec quelques bonnes pioches. Tout cela donne une équipe fraîche et intéressante."

Une machine de guerre offensive

Surtout, derrière cette réussite est souvent cité le nom d’un homme : Gian Piero Gasperini, le coach. "Quand il arrive au club, ça se passe mal pour lui, rembobine le journaliste, mais le président le confirme dans ses fonctions, ce qui est rare à l’époque et on peut voir qu’avec le temps il a eu raison". Nicolas, CM du compte d’Atalanta France sur Twitter et tifoso depuis 2013 de l’Atalanta, nous raconte alors cette épopée :

"C’est Gasperini qui a élevé l’Atalanta au rang de club jouant l’Europe chaque saison. À la base, les supporters avaient plutôt l’habitude de voir le club alterner entre la Serie A et la Serie B. À l’arrivée du coach, très peu de supporters s’attendaient à voir l’Atalanta en C3.

Sa tactique est très offensive : tous les joueurs doivent être concernés lors des phases d’attaque. Même les défenseurs centraux peuvent quitter leur rôle défensif pour monter en attaque. Rafael Tolói est un bon exemple : il a délivré 7 passes décisives cette saison, alors qu’il est DC. Les latéraux sont aussi une force offensive majeure lors des attaques placées, en cas de difficultés dans l’axe. Les centres ne sont pas nombreux, mais sont fatals avec notamment Pasalić, ancien de Monaco ou Zapata à la réception. Un bloc et une récupération hauts et un pressing intense sont aussi de mise. Il n’y a pas de noms ronflants, mais les joueurs sont tous concernés, peu importe leur standing."

Cette absence de joueurs stars sera justement une force face au PSG, selon Nicolas : "Une de leurs qualités, c’est l’insouciance. Les joueurs n’ont aucune pression et ne se posent aucune question. Cela fait plus de 20 matches de suite que l’Atalanta marque au moins un but. C’est l’une des meilleures attaques d’Europe et les cadors de Serie A ont du mal à prendre le dessus. Le danger peut venir de partout dans cette équipe."

Avec près de 100 buts au compteur en championnat et quelques scores fleuve en Europe cette saison, l’Atalanta est une machine de guerre offensive. "L’Atalanta ne court pas plus, elle court mieux, résume de son côté Guillaume Maillard-Pacini. Aux entraînements, Gasperini fait souvent faire des 8 contre 8 sur un grand terrain. Forcément, arrivés en match, les joueurs font moins d’efforts, car ils se retrouvent à 11. C’est une équipe qui sait jouer entre les lignes, qui sait redoubler ses efforts et qui presse très haut. C’est un avantage, mais face au PSG, ça peut devenir un inconvénient, car si Mbappé et Neymar partent dans leur dos, ça peut faire mal…"

Car si l’Atalanta marque, elle prend aussi pas mal de pions (44 buts pris en championnat). La défense est clairement son point faible, mais elle y travaille. L’autre limite sera aussi l’inexpérience de ses joueurs, craint Nicolas : "À ce stade de la compétition, cela peut être compliqué pour une équipe qui dispute sa première C1. Même si jusque-là, cela n’a été un handicap qu’au début de la phase de poules."

"On ne fait pas les fanfarons"

Que pense-t-on de ce tirage, alors, en Italie ? Guillaume nous assure que la confiance règne, même si les tifosis sont lucides sur leurs adversaires :

"Même si le PSG est favori, évidemment qu’on y croit, mais on ne fait pas les fanfarons, c’est un club qui fait forcément peur. Il y a eu cependant une évolution dans les médias italiens, surtout depuis le test grandeur nature contre la Juve [2-2 le 11 juillet dernier, ndlr], qui a montré que l’Atalanta pouvait faire quelque chose. Le lendemain du match, la 'Gazzetta dello Sport' disait : 'Regarde l’Atalanta, la Juve t’a montré ce que tu étais capable de faire'."

En attendant la rencontre entre le PSG et l’Atalanta, le 12 août prochain au Portugal, on a demandé à Guillaume quel joueur de l’Atalanta les fans du PSG doivent suivre de près pour comprendre à quoi s’attendre :

"Il y a quelque temps, j’aurais répondu Iličić, sublime et très élégant, mais en ce moment, il est moins bien [il s’est d’ailleurs blessé depuis l’interview, ndlr]. Alors je conseille plutôt Papu Gómez, un joueur un peu sous-coté, que le grand public ne connaît pas, un joueur délicieux, le numéro 10 dans son excellence… C’est lui, le maître de son équipe, le pilier de ce club."

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