Quel est le quotidien d'un athlète confiné, censé faire les JO cet été ?

La réponse de Jenia Grebennikov, volleyeur français confiné en Italie.

Le meilleur libero de volley de la planète est français, il joue dans le nord de l’Italie, à Trente… Et depuis plus d’une semaine maintenant, Jenia Grebennikov est confiné chez lui à cause de la pandémie de coronavirus. Il nous raconte son quotidien.

Le confinement

"On est confinés depuis plus d’une semaine maintenant. On est bien sûr déçus de ne pas pouvoir sortir. Au début, les premiers jours, ça va, c’est sympa, on peut se reposer, d’autant plus que les entraînements étaient intenses. Mais là, ça devient plus compliqué. On s’occupe comme on peut. On essaye de faire autre chose que la télé qu’on a déjà beaucoup regardée, on trie des papiers. Avec ma femme, pour rigoler, nous avons même installé un mini filet de volley. J’ai de la chance d’avoir un petit balcon pour pouvoir m’aérer. Chez nous, personne ne chante mais il y a des affiches Andra tutto bene, ça veut dire Tout ira bien.

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Ma femme est enceinte de 8 mois donc forcément on s’inquiète un peu plus pour ça. On a peur que les hôpitaux soient bondés. Quand on voit des images, où à l’extérieur de l’hôpital, tu as des tentes avec des lits, on se pose un peu plus de questions. Heureusement, notre région n’est pas une des plus touchées. Les dirigeants du club nous rassurent également, on sait qu’ils sont là si besoin. C’est aussi pour la famille en France qu’on s’inquiète. Il faut être optimiste, il y a pire. On est chez soi. Bien sûr, cela doit être plus difficile pour les personnes seules."

La vie en Italie

"Les Italiens respectent les mesures. Au début, ils en riaient, maintenant tout le monde a pris conscience du danger. Il n’y a personne dans les rues, on préfère ça mais on se croirait vraiment dans la série The Walking Dead. Une personne par foyer a le droit d’aller faire les courses, je m’en charge, j’y vais avec un masque. J’ai dû attendre 15 minutes pour entrer dans le supermarché du village, alors qu’il n’y avait que 10 personnes à l’intérieur. Les caissières bien sûr font attention. Par contre, quand tu leur donnes ta carte de crédit, tu as l’impression de leur donner le virus, c’est flippant."

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La condition physique

"J’essaye de l’entretenir, je fais le strict minimum : une heure de cardio par jour, des abdos, du gainage mais sans poids. Je regarde un peu les vidéos de fitness sur YouTube. Et surtout je fais attention à mon alimentation pour ne pas prendre du poids. Le matin, c’est café, tartines. Pour le déjeuner et le dîner, j’essaye de manger le moins possible de féculents car en ce moment, il n’y a pas beaucoup de dépenses énergétiques."

Le championnat et les Jeux olympiques

"Pour les Jeux, je pense que c’est mieux de les reporter. Ce n’est pas possible autrement. En plus certaines équipes ne sont pas qualifiées… Le nombre de contaminations devrait baisser dans tous les pays mais le fait que l’on se retrouve tous à Tokyo… À Rio, je me souviens la cantine était super grande, on était vraiment très nombreux. Ça peut contaminer tout le monde, et tout peut recommencer. Les faire cet été pourrait être dangereux. Concernant le championnat, je n’y pense pas trop, la santé est plus importante mais j’aimerais qu’il reprenne, sinon c’est une saison pour rien (Trente est actuellement 4e de la SuperLega). On se donne des nouvelles avec les coéquipiers de l’équipe de France, que ce soit ceux qui jouent en Italie, en Pologne ou en Allemagne. On se demande quand on va pouvoir partir, on se pose beaucoup de questions."

Entretien réalisé par Mathilde Brun

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Par Konbini Sports, publié le 19/03/2020