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Que sont devenus les anciens villages olympiques ?

Publié le

par Nina Iseni

A view of the Olympic and Paralympic Village in Rio de Janeiro, Brazil, on June 23, 2016. (Photo by YASUYOSHI CHIBA / AFP)

Cités universitaires, logements sociaux ou villages fantômes, voici quelques-unes des transformations des anciens villages olympiques.

Le compte à rebours est lancé. Il ne reste plus que deux ans avant que Paris n’endosse le rôle très prisé de ville-hôte des prochains Jeux olympiques d’été. Alors que les questions d’organisation n’ont pas encore été toutes réglées, le village olympique, lui, est d’ores et déjà en cours de construction. Situé en Seine-Saint-Denis, à cheval entre Saint-Denis, l’Île Saint-Denis et Saint-Ouen, cet immense espace accueillera les 14 000 athlètes venus des quatre coins du monde.

Néanmoins, à l’heure où de nombreux pays déplorent l’abandon de certaines infrastructures olympiques, il est légitime de se poser la question : que faire des milliers de chambres d’athlètes qui seront laissées vacantes après l’événement sportif ? Du côté de Paris 2024, les organisateurs promettent qu’à long terme, cet espace évoluera en quartier d’habitation où fleuriront commerces et bureaux. On a donc voulu en savoir un peu plus sur ce qu’étaient devenus certains de ces anciens villages olympiques.

À Atlanta et à Munich, les villages transformés en résidences étudiantes

À l’instar des villes d’Atlanta aux États-Unis ou de Munich en Allemagne, la solution aux logements d’athlètes laissés vacants est simple : loger les étudiants. Après avoir été ville-hôte des Jeux olympiques de 1996, le village olympique de la capitale de l’État de Géorgie s’est transformé en village universitaire. Selon le site officiel de la Georgia State’s University, ces appartements ont été les premières résidences étudiantes du campus et ont donc permis à l’université de se développer et d’attirer un grand nombre d’étudiants venant de tout le pays.

Du côté de Munich, ville où ont eu lieu les Jeux de 1972, le village olympique des femmes a lui aussi été transformé en cité universitaire où se côtoient les anciennes bâtisses en béton des athlètes. Anastasia, actuellement étudiante française en Erasmus à Munich, y réside. "On se croirait en colonie de vacances. Le village est géré par les étudiants et pour les étudiants, nous confie-t-elle. Devant chaque allée, on retrouve une petite plaque avec les noms des différents athlètes qui ont participé aux Jeux olympiques de 1972." Le lieu est tristement célèbre pour la prise en otage des athlètes israéliens par l’organisation palestinienne Septembre noir. Anastasia nous explique qu’elle a également eu l’occasion de se rendre au mémorial érigé au sein du village en l’honneur des membres décédés.

À Athènes, le pari des logements sociaux

À l’image des villages olympiques transformés en cités universitaires, bon nombre d’anciennes villes-hôtes ont également réussi à "recycler" les appartements des athlètes afin de les transformer en logements sociaux. À Athènes par exemple, ville-hôte des Jeux olympiques de 2004, les logements vacants accueillent aujourd’hui de nombreuses familles grecques.

Néanmoins, selon une étude réalisée par l’East Thames Group, cette reconversion a été un pari plus ou moins réussi. D’un côté, les appartements ont rapidement trouvé preneurs et ont donc rassuré les autorités qui craignaient un possible abandon des lieux. D’un autre côté, cependant, ces logements construits rapidement sont peu écologiques et se dégradent très vite. Par ailleurs, certains pointent du doigt la création de nouveaux ghettos urbains au travers de ces infrastructures.

À Rio, un échec immobilier et des habitants isolés

Contrairement à l’ancien village olympique d’Athènes où la quasi-totalité des logements d’athlètes sont aujourd’hui occupés, les appartements de l’ancien village olympique des Jeux de Rio de 2016 peinent à trouver preneurs. En 2019, le média brésilien G1 déplorait dans un article que "moins de 15 % des appartements construits avaient été achetés".

Même si le quartier de l’Ilha Pura compte de nombreuses activités, à l’image du skatepark et de terrains de jeux, certains habitants se plaignent d’un fort sentiment d’isolement et déplorent le manque de commerces, de pharmacies ou de vétérinaires, ce qui les oblige à faire du chemin pour en trouver.

Le poids de l’histoire mis en lumière à Berlin

Les Jeux olympiques de Berlin, organisés en 1936 et boycottés par de nombreux pays à l’époque, sont tristement célèbres pour avoir été utilisés comme un outil de propagande antisémite du régime nazi. Situé à Döberitz, à l’extérieur de Berlin, le village olympique a quant à lui été construit en deux ans, puis, à la suite des jeux, a été utilisé à des fins militaires pendant la guerre.

Après avoir été laissées à l’abandon pendant de nombreuses années, les restaurations du village ont débuté en 2005, à l’initiative de la banque DBK, rapporte le guide Good Morning Berlin. Aujourd’hui, il est donc possible de visiter le village et ses infrastructures, ses stades, ses gymnases, ses piscines, ses restaurants et certains logements d’athlètes, accompagné d’un guide.

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