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OL-OM : récit d'un dimanche noir pour le football français

Publié le

par Abdallah Soidri

© Photo by PHILIPPE DESMAZES / AFP

Ce qui devait être l'affiche de la 14e journée de Ligue 1 s'est transformé en un triste spectacle pour le football français.

Quatre minutes. C'est le temps qu'a duré la partie de football de cet OL-OM, affiche de la 14e journée de Ligue 1. Après un débordement de Konrad de la Fuente, les Marseillais obtiennent un corner que Payet s'apprête à tirer. Et c'est à ce moment que le match a basculé. Le meneur de jeu phocéen est touché par une bouteille d'eau et s'écroule, restant de longs instants au sol. Un incident qui rappelle ceux à Montpellier et à Nice en août dernier, où des joueurs marseillais (Rongier et Payet déjà) avaient été pris pour cibles par des supporters adverses.

Passe d'armes lunaire entre la LFP et la Préfecture

Cette fois, pas d'envahissement de terrain, mais l'arbitre renvoie tout de même joueurs et staff au vestiaire. Commence alors une interminable attente pour connaître l'issue de la rencontre : définitivement arrêtée ou va-t-elle reprendre ? Et sous quelles conditions : défaite sur tapis vert ou reprise, avec ou sans Payet ? Pour les journalistes et consultants de Prime Video présents sur place, difficile d'imaginer que le match reprenne. Au bout d'1h30, ils vont pourtant avoir la surprise de voir le speaker annoncer, sous les acclamations du public, que ce Lyon-Marseille allait se poursuivre.

L'annonce d'une reprise du jeu a suscité une passe d'armes épistolaire entre la LFP et les autorités locales. "La Ligue regrette dans ces conditions la décision de reprise de la rencontre par le Préfet de région comme c’était déjà le cas pour AS Saint-Étienne - Angers SCO", a lancé la LFP. "Le préfet dément fermement les déclarations de la LFP. En aucun cas il n’a pris la décision de reprise du match, qui ne lui appartient pas. Cette décision a été prise par l’arbitre, en présence du préfet, de la vice-Procureure, du DDSP (Direction départementale de la sécurité publique, ndlr) et des présidents de clubs", a rétorqué la préfecture de région sur Twitter.

Jean-Michel Aulas vs. Ruddy Buquet

Pendant que les deux instances se rejettent la responsabilité de la reprise du match, les joueurs lyonnais sortent du vestiaire pour s'échauffer, contrairement à leurs homologues marseillais toujours cloitrés. Finalement, après une nouvelle attente, et alors que le stade s'est vidé d'une partie de ses spectateurs, le speaker s'exprime de nouveau pour annoncer que la rencontre ne reprendra pas.

Interrogé par le journaliste de Prime Video Thibault le Rol, le président de Lyon, Jean-Michel Aulas, évoque "un acte isolé" pour expliquer l'arrêt du match, et s'en prend à l'arbitre, Ruddy Buquet, qui a pris "seul la décision de ne pas faire reprendre la rencontre". Il poursuit :

"Sur l'arrêt du match, à partir du moment où il y a un incident regrettable, pourquoi pas. Ce qui a jeté le trouble, c'est qu'après une réunion de 45 minutes à une heure, avec le préfet de région, de la DDSP et de la Procureure, la décision a été de reprendre. (…) On a donné des consignes au niveau du stade pour que les choses reprennent. L'arbitre a convoqué le capitaine et l'entraîneur des deux équipes. La réaction de l'OM a été extrêmement vigoureuse et sans informer personne, l'arbitre a pensé qu'il fallait changer sa décision."

Le gouvernement monte au créneau

Le président de l'OL regrette "la volte-face" de l'arbitre et estime que la reprise du match était possible après l'interpellation de l'individu qui aurait jeté la bouteille sur Dimitri Payet. De son côté, l'arbitre de la rencontre Ruddy Buquet a affirmé au micro de Prime Video que sa "décision sportive a toujours été de ne pas reprendre le match", mais "il a été évoqué des troubles à l'ordre public".

Suite à ces terribles événements, une réunion est prévue ce mardi entre le gouvernement et les instances du foot. Sur Twitter, la ministre déléguée au sport Roxana Maracineanu a jugé "inadmissible ce qui s'est passé à Lyon". Elle appelle à "des sanctions et une prise de conscience générale, immédiate et radicale de tous les acteurs du football".

Aulas : "La seule sanction possible, c'est la pénalité en points"

Dans une déclaration à la presse, la ministre estime que "la Ligue devra certainement clarifier son règlement pour qu'un tel acte d'agression sur un acteur du jeu entraîne un arrêt automatique du match". "Sans prise de conscience immédiate et radicale des clubs pour garantir la sécurité sur la pelouse et dans les tribunes, nous allons dans le mur", a-t-elle ajouté.

Après les incidents de Nice-OM, le président Jean-Michel Aulas s'était alors déclaré favorable à sanctionner d'un retrait de points les clubs dont les supporters créent des incidents dans les stades. "Je fais partie des gens qui pensent que la seule sanction possible pour freiner cet état de fait, que ce soit au niveau des joueurs, des dirigeants, des supporters, c'est la pénalité en points. C'est la seule qui fasse vraiment peur", avait alors affirmé le dirigeant des Gones. À voir si le discours restera inchangé dans les prochains jours

Konbini Sports avec AFP.

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