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Les athlètes américains autorisés à lever le poing ou s’agenouiller aux sélections des JO

Publié le

par Julie Morvan

« The ‘Black Power’ Salute at the 1968 Olympic Games — The National Museum of African American History and Culture (DC) 2017 ». (© Ron Cogswell/Flickr)

On attend désormais l’avis du CIO sur la question.

"Une petite révolution opérée par l’organisme." Le 30 mars dernier, le Comité olympique et paralympique américain (USOPC) a autorisé les protestations pour soutenir les efforts de justice raciale pendant l’hymne national. Cette décision concerne plusieurs actes symboliques antiracistes : pendant que retentira le "Star-Spangled Banner", sur le podium ou avant le départ, les sportifs américains pourront lever le poing ou poser le genou à terre.

L’USOPC autorise également le port de vêtements arborant des messages engagés : casquette, chapeau ou masque avec des phrases telles que "Black Lives Matter" ("les vies des Noirs comptent"), "Trans Lives Matter" ("les vies des transgenres comptent") ou des mots comme "equality" ("égalité") ou "justice".

Cette démarche de l’USOPC s’inscrit dans le sillage des nombreuses manifestations qui se sont succédé aux États-Unis depuis le printemps dernier et la mort de l’Afro-Américain George Floyd, asphyxié lors de son interpellation à Minneapolis. Le procès du policier responsable du meurtre, Derek Chauvin, a d’ailleurs débuté il y a un peu moins d’un mois.

Avant ces nouvelles directives, toute forme de protestation des sportifs était strictement interdite. Elles sont cependant limitées aux épreuves de sélection olympique et aux athlètes américains uniquement ; les Comités internationaux olympiques et paralympiques (CIO/CIP) doivent prochainement établir leur propre règlement en la matière pour les Jeux de Tokyo.

Actuellement, la règle N.50 du CIO, "Publicité, démonstrations, propagande", interdit toute forme de protestation de la part des sportifs aux Jeux olympiques : "Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique."

En janvier 2020, l’instance avait mis à jour ses règles sur l’activisme des sportifs, bannissant toute forme de revendication sur les podiums et les terrains de sport, interdictions qui incluent l’affichage de messages politiques, des gestes de la main, l’agenouillement ou le refus de suivre le protocole des cérémonies de remise des médailles. Mais le CIO avait alors suggéré qu’elle était prête à assouplir sa position.

Par le passé, cette instance s’est pourtant montrée très sévère à l’égard des sportifs contestataires, expulsant notamment les athlètes américains John Carlos et Tommie Smith des Jeux de Mexico en 1968 pour leurs poings levés en soutien au mouvement Black Power. Récemment, elle s’est d’ailleurs illustrée pour le retard de sa réaction dans l’affaire des propos sexistes de Yoshiro Mori, le président du comité d’organisation des Jeux olympiques de Tokyo.

Konbini Sports avec AFP

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